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 CHRONIQUES electro, trip hop, drum 'n bass, techno, hip hop, rock...
Auteur: Tweek.electrone 
Date:   29-10-2008 19h08

Housse De Racket - Forty Love (Kuskus)

Commençons par voir à qui nous avons affaire: Housse de Racket, deux jeunes musiciens qui veulent racketter la house, qui arborent des tenues de tennismen en concert mais qui n'en ont à vrai dire rien à foutre de la terre battue de Roland Garros. Ce qui est sûr, c'est que la variété française a devant elle une opportunité pour ajouter une corde à son arc et proposer quelque chose de réellement efficace. Pierre Leroux et Victor Le Masne se rencontrent au conservatoire au début des années 90, premier rendez-vous plutôt classique chez les duos. Ils se mettent à composer de la matière électro pour un premier album lorsque leur disque dur plante. Le truc con. Ils décident de repartir à zéro et créent alors ces onze titres très spontanés de Forty Love.

Quelques semaines avant la sortie de l'album, le petit buzz s'est mis en route avec le premier single Oh Yeah, un name-dropping très bien foutu, remixé par Gonzales en personne. Ce dernier, qui participe également sur le trop volontairement ringard Champions, a été séduit au même titre que Renaud Letang (producteur de Manu Chao, Feist, Gonzales, Teki Latex, Jean-Louis Aubert, Jamie Lidell, Katerine,...), qui fait ressortir les textures et ajoute du tonus aux arrangements. Petite particularité: Housse De Racket n'a pas peur de chanter en français, ce qui suffit à les distinguer de n'importe quel autre groupe Electro-Rock hexagonal. Bien sûr, on tombe sur quelques tracks un peu poussifs comme Le Rendez-Vous qui ressemble à un slam de Jean-Michel Jarre, ou Pacific Sunset. Par contre, d'autres sont bluffants d'efficacité: l'instrumental rétro Forty Love très proche des Daft Punk, le swing Sur Le Papier qui rappelle Phoenix, les riffs bien présents de Synthétiseur où ils troquent leur raquette contre une guitare, ou la ballade digitale Dans L'Avion qui rivalise avec les tracks les plus pops de Air.

Un disque frais, un peu jeune mais aux cordages bien tendus!
Information


Lien(s)
http://www.club-housse.com
http://www.myspace.com/houssederacket
http://www.discograph.com
http://www.myspace.com/discograph
http://www.webpromo.fr

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 Re: CHRONIQUES electro, trip hop, drum 'n bass, techno, hip hop, rock...
Auteur: Tweek.electrone 
Date:   29-10-2008 19h12

datA - Rapture EP (Ekler'o'Schock)

Ekler'o'Schock est en train d'endormir tout le monde et de s'installer bien douillettement sur le canapé de velours de la musique électro bleu-blanc-rouge, en demandant gentiment à Surkin, Yuksek et Justice de se pousser un peu pour laisser une place à des mecs comme datA, Leonard De Leonard ou Danger. A ce titre, personne ne m'enlèvera l'idée que datA est l'un des espoirs les plus prometteurs de la scène électro française, et il grave cette hypothèse encore un peu plus profond avec ce nouvel EP. Le très rétro Rapture est quoi qu'il en soit moins transcendant que ses premières livraisons Aerius Light EP et Trop Laser EP, déjà muni de l'électro tek fracassant du morceau J'aime Pas L'Art.

Autant dans les textes que dans les ambiances, datA s'approprie de l'esprit des années 80, bien aidé par Sébastien Grainger, chanteur de feu Death From Above 1979. Et il y en a qui ne perdent pas de temps car à seulement 22 ans, quelle maturité! Juste un poil formaté pour la FM, la disco-pop synthétique et nostalgique de Rapture fait mouche. Le duo Pacific! (XL Recordings) lui donne un nouveau charme digital sans trop toucher à l'original. Nous avons ici l'honneur de retrouver Benjamin Diamond, le prince de l'électro-pop glamour, qui accompagne datA pour former The Skywriters, en se donnant pour objectif d'accentuer le côté sexy du morceau.

Voilà donc de quoi patienter en attendant l'album Skywriter en préparation, à noter de suite dans votre shopping list.

Lien(s)
http://www.myspace.com/ekleroshock
http://www.myspace.com/0data0
http://www.myspace.com/sebastiengrainger
http://www.pingpong.fr
http://www.disc-over.net
http://www.naive.fr

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 Re: CHRONIQUES electro, trip hop, drum 'n bass, techno, hip hop, rock...
Auteur: Tweek.electrone 
Date:   06-11-2008 18h48

The Herbaliser - Same As It Never Was (!K7)


Comment peut-on rester transcendant au bout de quinze ans d'existence, qui plus est dans le milieu électronique? La réponse se trouve dans ce nouvel album des darons de The Herbaliser, pour qui chaque sortie implique un certain respect chez l'auditeur. Des influences communes pour le rap old school, puis des samples, puis de l'abstract hip-hop, puis des musiciens, puis des vocalistes, etc. L'évolution du duo originel Jake Wherry et Ollie Teeba ressemble à un aimant dans une boîte de clous, jusqu'à devenir un mini-orchestre (une grosse dizaine sur scène, aujourd'hui réduits à sept) qui a fait groover toutes les salles de concerts du monde.

Comme pour passer à autre chose, les londoniens changent de label en passant du glorieux Ninja Tune au non moins prestigieux !K7, et se refont une santé en changeant leur manière de travailler. Effectivement, le noyau passe de deux à cinq personnes. La charismatique vocaliste Jessica Darling (22 ans seulement!) et les collaborateurs de l'Easy Access Orchestra ont largement leur mot à dire dans la composition de Same As It Never Was, plus soulful que jamais. Détail intéressant: Pino Palladino, qui a déjà prêté ses talents de bassiste à De La Soul, Erykah Badu ou The Who, joue sur quatre morceaux. On est conscient que l'on va passer un bon moment dès la joyeuse ouverture éponyme, bien chargée en cuivres et en scratches. La belle Jessica commence son show sur On Your Knees, une voix incroyablement précoce qui donne un look old school au morceau. Heureusement pour nous, ça n'est pas sa seule apparition, puisqu'elle refait surface sur quatre autres chansons gorgées de funk, qui rendent le choix du single ultra difficile!

Le groupe n'oublie pas ses racines hip-hop: le flow maîtrisé de Yungun représente le rap britannique sur Just Won't Stop et son beat qui roule. L'habituée Jean Grae se fait toujours autant respecter sur Street Karma, et Game Set And Match divulgue le débit supersonique de More Or Les, qui s'élève presque au niveau de Busdriver. The Herbaliser regarde la télé: les influences BO de films sont flagrantes sur The Next Spot, parfait pour un vieux polar façon Tontons Flingueurs, et l'excellent Amores Bongo où l'on imagine facilement une panthère rose qui court après un Shadok.

Encore une affaire jazzy-funky-R'n'B rondement menée!

http://www.herbaliser.com
http://www.myspace.com/theherbz
http://www.same-as-it-never-was.com/
http://www.clarisseworks.com

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 Re: CHRONIQUES electro, trip hop, drum 'n bass, techno, hip hop, rock...
Auteur: Wthar6 
Date:   07-11-2008 13h11

c'est quoi l'intérêt de faire un copié collé de chroniques trouvés sur un site ?
Met le lien de la chronique sera plus simple, plus rapide et plus honnête...même si c'est toi qui a rédigé l'article sur le site en question
Et surtout ça génère du traffic sur le site en question et le fait connaitre...alors que là on ne sait meme pas trop d'où ça vient !

Le site en question : http://www.theclubbing.com/be-fr/

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 Re: CHRONIQUES electro, trip hop, drum 'n bass, techno, hip hop, rock...
Auteur: Tweek.electrone 
Date:   17-11-2008 14h59

Les chroniques, oui c'est moi qui les rédige

C'est vrai que j'ai oublié de préciser qu'elles paraissaient sur TheClubbing.

L'intérêt de les mettre sur des forums est d'élargir la promo de l'album à d'autres communautés, et les lecteurs peuvent réagir directement. Je préfère le copier coller, si je me contente de claquer des liens les gens iront les lire moins facilement. Non?

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 Re: CHRONIQUES electro, trip hop, drum 'n bass, techno, hip hop, rock...
Auteur: Tweek.electrone 
Date:   17-11-2008 15h00

Deadbeat - Roots & Wire (Wagon Repair)

Le label canadien Wagon Repair propose ce mois-ci une bien curieuse surprise. Les amateurs d'atmosphères étouffées à la Maurizio vont être contents, grâce à ce nouvel album de Deadbeat qui redonne un sens au dub minimal. Gratifiant avec ses sorties des labels pointus comme Musique Risquée ou ~Scape, le montréalais s'exile à Berlin comme tout le monde, pour préparer ce Roots And Wire écumeux. Habitant à Montréal, il sort des disques sur des labels berlinois, et en arrivant à Berlin, c'est un label montréalais qui le sollicite, comme quoi rien ne se perd, et c'est l'occasion pour Scott Monteith de creuser un tunnel géant entre ces deux villes, parsemé de reverb et de beats lents compressés.

Comme pour incarner le come back de Rhythm And Sound, son style l'amène à travailler rationnellement avec le rare Paul Saint Hilaire aka Tikiman, qui est au dub digital ce que Robert Owens est à la house. Ainsi son reggae mystique ouvre le rideau avec la rythmique presque dubstep de Rise Again qui s'apparente aux premiers travaux de Massive Attack avec Horace Andy, puis le referme avec la roots attitude de Babylon Correction, plus proche de Kingston que de Montréal! Influencé par Basic Channel, Deadbeat est moins sévère avec l'auditeur, lui enfonçant des beats doux mais lourds et des basses profondes comme le grand canyon dans les tympans (Roots And Wire,Sun People (Dub Divisionaire)). Son dub digital est parfois plus proche du dancefloor que du bar: le percussif Grounation invoque les esprits de Plastikman et Fumiya Tanaka et Xberg Ghosts force le danseur à fermer les yeux... Le point culminant de l'album s'appelle Deep Structure, où Guillaume Coutu-Dumont installe ses percussions sur une magnifique deep techno, si limpide qu'on y voit à travers...

http://www.myspace.com/deadbeatcomputermusic
http://www.tailored-communication.com/deadbeat
http://www.modulor.tv
http://www.myspace.com/modulordistribution

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 Re: CHRONIQUES electro, trip hop, drum 'n bass, techno, hip hop, rock...
Auteur: Tweek.electrone 
Date:   17-11-2008 17h26

Droids - The Force (Serge Santiago SSUK-Edit) (Arcobaleno Records)

Serge Santiago n'est autre que l'ancien compagnon de Matt Edwards, lorsqu'ils étaient encore deux derrière le sobriquet Radio Slave. En dehors de leur flopée de remixes hypnotiques pour Tiga, Fischerspooner ou Justin Timberlake (et il y en a des dizaines d'autres!), Santiago est connu pour ses edits de classiques italo pour Kano ou Grace Jones. Ce fan de Jimi Hendrix, Kate Bush, Barry White ou Kool & The Gang monte son propre label, Arcobaleno (littéralement arc-en-ciel) sur lequel il accueille Kenny Hawkes au milieu de ses propres productions.

A l'origine de ce maxi, deux morceaux de Droids. Le britannique, habitué des scènes d'Ibiza depuis 2006 joue aux Legos avec les deux parties de The Force pour en faire un edit de onze minutes qui possède déjà la qualité notoire de conserver l'attention sur la longueur. Avec un nom aussi italien, les origines de Serge Santiago sont révélées dès la première minute, lorsque cette mélodie italo-disco s'accapare l'espace. Cette nouvelle version de The Force est à ranger entre les productions du suisse Headman pour le punch, la BO de Midnight Express pour le côté épique propre à Moroder et la classe new-wave de New Order! Après un long break, le track prend un nouveau départ au bout de six minutes, annonçant le retour des synthés old school qui laisseront un souvenir impérissable en soirée...

http://www.myspace.com/sergesantiago
http://www.rebelbutterfly.co.uk/

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   18-11-2008 18h07

John Matthias - Stories From The Watercooler (Counter Records)

Toujours aussi pluridisciplinaire, Ninja Tune laisse à sa sous-division orientée pop Counter Records, le soin de sortir cet album du virtuose John Matthias. Ok, ça nous fait une belle jambe, mais qui est ce mec? John Matthias est avant tout 'connu' pour avoir collaboré avec l'expérimentateur fou Matthew Herbert. En plus d'être multi-instrumentiste, il n'est pas moins savant puisque membre du centre de recherche sur la musique assistée par ordinateur de l'université de Plymouth, où il a développé 'The Brain', une sorte d'intelligence artificielle avec laquelle il programme des sons de batterie. On ne vous en dira pas beaucoup plus, sauf peut être pour l'anecdote, qu'il a joué avec Thom Yorke dans sa période étudiante, et a prêté ses talents de violoniste sur l'album The Bends de Radiohead, ce qu'on peut appeler un bon départ...

Si on se penche un peu sur les acteurs de Stories From The Watercooler, on est surpris de constater que c'est le duo Coldcut qui est à la production, dans un registre qui s'écarte un poil de leur ligne de conduite habituelle. Par dessus les banjos, harmoniums, guitares, clarinettes et autres synthés, John Matthias ne chante pas ses malheurs ni ses déboires amoureux. Il s'agit plutôt de textes anecdotiques portant sur des choses et d'autres comme une histoire de fausse thérapie alternative ou de camps d'internement japonais. Dès Open, la chanson d'introduction, sa voix inébranlable s'accorde sur le charisme du dieu folk John Martyn et sur la fraîcheur de l'artiste maison Fink. Beaucoup de cordes, des machines aussi, comme sur le post country Vipers Nest, la sèche mélancolie de It's Not, la pop enjouée de Blind Lead The Blind, ou la ballade dubby et cuivrée de King Of A Small Town. Finalement, pas de single qui se détache de l'ensemble des douze titres, mais un disque homogène, éthéré, et qui laisse apprécier toutes ses subtilités au fil des écoutes...

http://www.myspace.com/johnmatthiasmusic
http://www.ninjatune.net
http://www.counterrecords.com
http://www.myspace.com/counterspace

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   18-11-2008 18h11

Pigeon Funk - The Largest Bird in the History of the Planet... Ever! (Musique Risquée)

Soyons clairs, ce pigeon là n’est pas du genre à vous chier sur le pare-brise en se marrant du haut de sa branche pendant que vous faites marcher les essuie-glaces. Par contre, jamais un reportage animalier n’avait spécifié que ce volatile en apparence sans intérêt était aussi funky. Parti d’un concept en trio, avec la sortie de Proptronix presents: Pigeon Funk! (2004), le groupe revient en tandem sur le label montréalais Musique Risquée. Qui dit Musique Risquée dit Mutek et qui dit Mutek dit Akufen ou Guillaume Coutu-Dumont. Et c’est exactement à ce type de musique avant-gardiste à laquelle il faut s’attendre. Ne soyez surtout pas rebutés par la pochette type cd-rom gratuit, écoutez plutôt avec plaisir ce son à première vue minimal, mais terriblement avant-gardiste.

Sous ce tas de plumes, ce sont Sutekh et Kit Clayton (qui ont à leur actif des sorties sur Mille Plateaux, Plug Research, ~Scape, Soul Jazz, Leaf, Force Inc,...), pionniers de la scène techno de San Francisco, qui chapeautent ce curieux opus. Mais ont-ils vraiment le droit de s’accaparer de l’appellation contrôlée Funk? Rythmiques complexes, mélodies enjouées, groove imparable... Réponse: oui! Mais d’un genre nouveau. Très dancefloor sur le fond, les Pigeon Funk sont également très méticuleux sur la forme: des chanteurs et musiciens se joignent à eux sur l’électronica baléarique de Alma Hueco, les mille détails sonores de Tufa, le beat résonnant, presque grime, de Brukim Lo, la ligne de synthé expressive de Bacchanal, l’alien hispanique Parados, un Purple Pigeon électrique au sens de l’humour très développé, pour terminer par deux bonus tracks folkloriques...

Même James Brown y collerait l’étiquette écouté et appouvé!

http://www.myspace.com/pigeonfunk
http://www.musique-risquee.com/

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   20-11-2008 13h04

Le Le - Breakfast EP (Magnetron Music)

Pour ce trio hollandais pour qui la Champagne est une destination utopique, ce ne sont pas "je t'aime", ni "bonjour" ou "rendez-vous" les mots les plus représentatifs de la langue française. Non, c'est "Le", d'où ce pseudo absurde et déjà typique d'une combinaison d'esprits loufoques. Serge Fabergé (paroles et chant), Pièt Parra (production et design) et Rimer London (production et synthé) se sont rencontrés autour d'une passion commune pour le vin et les chansons de Brigitte Bardot. Ils sortent leur premier maxi annonciateur d'un album multi-genres à sortir ce mois-ci sur Magnetron Music.

Sur Breakfast, Le Le chante en anglais, contrairement au prochain album fidèle à leur attirance pour la kitscherie française. Entre Green Velvet et Miss Kittin & The Hacker, l'original fait partie des morceaux qui s'imposent sur un dancefloor comme une invitation au speed-dating. Ça parle de sexe, mais d'une manière un peu spéciale (Bitch you breakfast...), et derrière cette voix grave et ce synthé viril, c'est le moment d'emballer.

Pour un premier single, Le Le invite déjà pas mal de potes à l'apéro. Les New Yorkais Kill The Noise tournent Breakfast en electro tek, ajoutant des distorsions sur le synthé de base pour en faire un hymne dark. Ignazzio en fait une house plus smooth et tribale, mais la meilleure version est celle de Seymour Bits, où cette mélodie génétiquement modifiée, intelligente et joyeusement funky semble surgir d'une game boy. Le remix d'Aardvarck n'a pas énormément d'intérêt, sauf peut être en DJ Tools avec sa ligne basse pesante et la mise en avant de la partie vocale. Staygold en fait une version carrément happy hardcore ou booty techno, réservée aux avertis. Un track qui doit mieux se jouer en Hollande que chez nous, mais qui reste un bon défouloir.

http://www.myspace.com/lelemusique
http://www.magnetronmusic.com/

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   20-11-2008 13h12

Various Artists - We Love Afrobeat! (Comet Records)

Demander à Comet Records d'assembler une bonne compilation afrobeat, c'est presque comme interroger Bernard Pivot sur une dictée de CM2. Plus qu'un métier, c'est une passion pour ce label référence en la matière fondé en 1998 par Eric Trosset. Depuis que l'immense Fela (& fils) et ce fantastique batteur qu'est Tony Allen ont créé le mouvement, celui-ci se répand largement hors du continent africain, de France aux Etats-Unis, d'Israël au Canada, allant même jusqu'à toucher des pays où un éléphant n'oserait même pas y poser sa trompe comme la Suède. Comet Records est surtout connu pour l'album culte de Tony Allen, Black Voices, de son projet Psyco On Da Bus avec le bricoleur Doctor L. , ou pour ses rééditions de classiques des années 70. We Love Afrobeat ressemble curieusement à une compilation anniversaire masquée qui réunit les artistes afros modernes et underground.

Ceux qui pensent que la vraie musique black, c'est Magic System, je vous invite vivement à vous mettre ces treize morceaux entre les oreilles, ne serait-ce que pour votre culture. Ici, la technologie rejoint la tradition, les machines répondent aux djembés et il est surprenant de voir que ce son si roots qui commence à avoir de longues racines se mélange si aisément à d'autres styles. Le jazz s'évapore à travers les cuivres de Nomo ou Ramses Revolution, les français Cafe-Crème et les Frères Smith font des figures downtempo, presqu'abstract hip-hop, les Ocote Soul Sounds tentent de passer la frontière mexicaine, Tincan pourrait être pressé sur un vieux 45 tours poussiéreux, les folles percus d'Akoya Afrobeat (récemment chroniqué dans ces pages) annoncent un grand soleil dans les cœurs, l'Israëlien Kutiman signe l'alien de la compilation avec sa rythmique radicale et ses délires expérimentaux, et on termine sur un excellent jazz enfumé de Moog avec le bien nommé Minimoogli.

Ces afro-beatmakers ne cherchent pas forcément à sonner nouveau, mais plutôt à créer une approche plus ou moins électronique qui tient à préserver la substance instrumentale originelle, dans une mouvance souvent accusatrice d'un système politique africain pourri mais toujours festive!

http://www.myspace.com/elvismartinez
http://www.myspace.com/cometrecords

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   27-11-2008 12h24

Phospho - One Caballo Per Seven Frauen (La Baleine)

Faire du rock aujourd'hui relève un peu du défi tant le créneau est saturé par des groupes plus ou moins originaux qui monopolisent la scène. La Baleine entend bien prendre les paris en produisant cet album qui contient quelques arguments irréfutables. D'abord trio, les niortais de Phospho ont du recruter et s'élargir au stade de sextet pour répondre à ses ambitions: sortir du lot avec le schéma classique basse, guitare, drums, claviers. Après s'être fait les dents un peu partout en France depuis 2006 aux côtés de Kill The Young ou Elderberries, il est l'heure de voir ce que ça donne sur CD.

Bonne nouvelle, il n'y a aucune raison apparente pour qu'un morceau énergique comme Tonight ne cartonne pas autant qu'un tube de Franz Ferdinand! Le mastering d'Alan Douches, qui s'est déjà occupé de !!! (Chk Chk Chk) ou LCD Soundsystem n'est sûrement pas innocent: Nervous développe tranquillement une mélodie bien prononcée qui reste en bouche en laissant exploser une voix inspirée façon Bloc Party. Sans être transcendant à tous les coups, Phospho assure juste ce qu'il faut pour être efficace: She attaque les enceintes sans introduction pompeuse, les guitares de Now! Now! Now! Now! se rapprochent de Maxïmo Park et donnent plus la patate qu'un Red Bull bien frais, The Yellow Girl And The White Boy trahit leurs influences pour le rock eighties, scindé en deux minutes plutôt placides suivies de deux autres en forme de montée infernale !
Horse, sommet de l'album, illustre le courant dit punk-funk grâce à un riff de guitare qui ne vous lâchera pas d'une semelle et un David Besson qui sue des gouttes derrière son micro. Pour terminer (pas vraiment puisqu'on a droit à une surprenante piste cachée instrumentale), Itrema remix Out Of The Box en une pop discoïde qui ne perd pas le charme de l'original et qui donne l'occaz à un DJ Electro de placer Phospho en club.

Et comme on peut le lire dans le livret : Come and say hello – or **** off – to Phospho on www.myspace.com/phospho ; vous faites comme vous voulez mais ça serait ingrat de les envoyer se faire voir après vous être passé ces dix titres de qualité. Ma main sur le barbecue que Phospho partagera l'affiche des géants du rock moderne dans les festivals de l'été 2009!

http://www.myspace.com/phospho
http://www.la-baleine.com

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   27-11-2008 12h27

Pivot - O Soundtrack My Heart (Warp Records)

On se demande vraiment où Warp Records va les chercher. Toujours en quête de sensations inédites, le label met la main sur un groupe qui a le culot d'affronter le rock sur un ring où tous les coups sont permis. En 2005, le quintet Pivot sort un premier album, Make Me Love you, avant de se séparer. La bande survit grâce aux frères Pike qui s'entourent d'un petit nouveau, l'homme-machine Dave Miller. Il y a deux ans, ils démarrent alors le processus hasardeux d'enregistrement d'album à distance, Laurence Pike et Richard Pike étant australiens, l'autre résidant en Angleterre... Le résultat tombe cette année et le trio peut dire merci à la toile pour avoir assuré le transit de ces données post punk avant-gardistes! Pour l'anecdote, leurs pochettes sont signées Michel Granger, à l'origine des visuels de Jean-Michel Jarre (Oxygène et Equinoxe, influences certaines pour le groupe) et d'affiches pour l'Unesco et l'ONU.

Dès l'introduction, on peut anticiper le même constat que l'on a fait sur des œuvres de Squarepusher, Tortoise ou Autechre en qualifiant October de beauté grinçante. Gros beat et synthés spatiaux, l'excellent In The Blood ressemble à une bande-son pour shoot'em up de l'espace. Oui, la musique de Pivot dérange, et la première écoute servira d'étalonnage pour apprécier confortablement les suivantes. Le morceau éponyme O Soundtrack My Heart évolue tout en progression et grandit comme une plante verte sous la pluie. L'electronica tient une place de choix sur certains tracks, comme Fool In Rain qui rend nostalgiques de Tangerine Dream et Vangelis, ou les choeurs idylliques de Sing, You Sinners à la mélodie planante et carrément psychédélique. Même si le saturé Didn't I Furious sera difficile à supporter pour une oreille fragile, on prendra du plaisir à écouter les variations rythmiques incessantes de Sweet Memory et le Nothing Hurts Machine qui confond Moroder et Black Sabbath dans un final explosif et hélicoïdal!

http://www.pivotpivot.net
http://www.myspace.com/pivotpivot
http://www.warprecords.com
http://www.warp.musicblog.fr

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   28-11-2008 12h01

Bran Van 3000 - Rosé (Editorial Avenue)

Fêter 10 ans d'activité d'un label en sortant une compilation anniversaire, c'est bien. Fêter le retour d'un artiste majeur au bout de 10 ans d'absence, c'est encore plus excitant! Peu de gens auraient parié un euro sur l'avenir discographique de Bran Van 3000. A vrai dire, au milieu de tant de créativité électronique, on ne pensait même plus à James Di Dalvio, qui ajoute donc l'effet de surprise à la sortie de Rosé. Lorsque Drinking in L.A. sort sur Grand Royal (maison des Beastie Boys) au début des années 90, il bouscule sans prise de tête les standards rock de la fin du siècle. Reste à espérer que toutes les conneries de l'humanité de cette dernière décennie n'ont pas altéré son inspiration et que ce Rosé est aussi fort en bouche que ses prédécesseurs.

La triplette de tête annonce effectivement que James a revêtu à nouveau sa tenue d'alchimiste multi-styles. Une intro estivale (Call Me Around) avec enfants qui s'amusent, bruit du ressac et douce voix féminine, puis vient le downtempo dubby House Lights, proche des délires abstract samplés de Nightmares On Wax, et ce Feline Fantasy, une pop plus accessible qui fait un crochet samba et termine sur un disco-funk verdoyant! Oui, c'est également là tout l'intérêt de ce disque: à tout moment, les morceaux peuvent prendre un virage même pas indiqué sur le plan. Sea Of Life puise son eau dans un puits reggae, les voix soulful de Beautiful Girl ondulent sur un beat ethnique et Forever a tout d'un bon RnB moderne. L'auditeur trouve forcément son compte à travers ses 22 titres marqués par des interludes improbables et tellement éclectiques qu'on aimerait bien voir à quoi ressemble son public quand il se produit en concert. Evidemment, on passera sur quelques titres comme Stand Up, qui ressemble à un vieux tube smurf-dance, ou le ragga un peu poussif de Mon Réal. Par contre, soyez prêts à suivre Bran Van 3000 qui arrive à s'inviter à une soirée punk (Tony Roman), soul (I Won't Lie) et folk (Our Haze) en même pas 10 minutes...

Come-back réussi!

http://www.myspace.com/branvan3000
http://www.bv3k.com

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   01-12-2008 15h09

Octogen - Gindofask (Soma Quality Recordings)

Mais pourquoi les tracks d'Octogen ne dépassent pas 75 hits sur MySpace? Dommage qu'un disque de cette facture ne bénéficie pas d'une promo méritée car Soma Quality Recordings tient pourtant entre ses mains un espoir de la scène locale écossaise. Remédions à cela et donnons donc à ce disque une chance en plus de ne pas passer inaperçu! La bouteille de Marco Bernardi n'est pourtant pas vide: des maxis sur Clone ou Submerge, des prestations dans les énormes Fabric à Londres ou Sub Club de Glasgow, et surtout, un premier album (2Fiveonine) élu meilleur album 2007 par le média DJ Mag. Ça n'est pas forcément une référence à tous les coups, mais l'italo-écossais donne une bonne raison de se pencher sur ses productions avec un son qui va fouiner l'histoire de la musique électronique, en s'arrêtant particulièrement sur les cases house de Chicago, techno de Detroit et electro pure.

Entrez votre password, Octogen ouvre directement les portes de Square Bells, l'un des plus jolis morceaux de ce long format, caractérisé par des break electronica cristallins qui rappellent les premiers Plaid. Sphyxomite prend par les racines le morceau le plus brut de l'électro, au sens de Black Dog par exemple, comme James, sorte de breakbeat midtempo très dark. Mais ce dernier restera le seul nuage gris qui plane sur l'album. Ces treize titres sont globalement positifs, parfois psychédéliques, comme l'ambient cosmique de Saturn Sun et Florence, avant de prendre un aller simple pour Detroit avec Ploughs and Clouds et Cyber Technological Flying Machine comme voisins de siège, puis la deep techno minimale de The Journeyman qui laissera le danseur sous l'emprise de sa mélodie, et enfin le track le plus dancefloor - il faut bien s'énerver un peu - Return Of The Hero, aussi groovy et atmosphérique que les prods Kanzleramt (Heiko Laux, Diego,...).

Au delà de la nécessité de découvrir cet artiste à travers Gindofask, checkez les remix qui arrivent, orchestrés par Orlando Voorn et Redshape!

http://www.myspace.com/marcobernardi
http://www.somarecords.com/
http://www.myspace.com/somarecords

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   03-12-2008 22h31

Jay Bharadia - The Yeti Cave (Lumenessence Recordings)

J'ai beau me forcer et me creuser le cerveau, il me paraît impossible de trouver ou d'inventer un terme capable de coller à la musique de Jay Bharadia. Bizarrement, et on ne sait pas pourquoi, l'image du Yéti est évocatrice. A la première écoute, on imagine bien la bestiole poilue et solitaire, là-haut dans sa grotte, en train de composer sereinement (même s'il a l'air de manger un peu n'importe quoi) des morceaux mélancoliques avec de la neige et des stalactites pour tuer l'ennui. Par chance, ce jeune franco-indien de 26 ans a été bien élevé, musically speaking. Ses parents ont commencé par lui mettre de l'Afrika Bambataa en poudre dans son biberon, un très bon début qui se voit complété dans l'adolescence par un amour pour les mixtapes de solos de trompette et les disques de Jean-Michel Jarre. Mais quel est le devenir de sa carrière? Il hésite entre cinéma et musique et craque finalement pour ses samplers et boîtes à rythme, sans mettre le grand écran à la poubelle puisqu'il garde tout de même cet amour pour les arts graphiques, en attachant de l'importance à ses vidéo-clips (tapez Jay Bharadia sur Youtube, vous verrez bien).

Le label de Brighton, Lumenessence Recordings, continue donc de proposer des artistes hybrides avec The Yeti Cave. Mais Jay Bharadia ne prévient pas et ne laisse aucune piste pour deviner ce qu'il va se passer d'un track à l'autre. Une ambiance agréablement hypnotique stagne au-dessus de nos têtes, en commençant par Snowy Day, premier single tiré de l'album où Scruffy D remet sur le tapis la question cruciale de la qualité du Hip-Hop français. Cette instru bien accordée et ce flow clair volontairement novice lui donnent un charme incroyable! L'album reste globalement downtempo, comme ce chant de diva en noir et blanc qui accompagne la mélodie plus soûle que soul de Little Boy. Même si on peut se demander dans quel pays on est lors de la première écoute, tous les morceaux maîtrise la magie blanche: la guitare sèche et répétitive de Motherculture où une voix lointaine se plaint sur un beat à la DJ Shadow, les battements electronica de Trellick Tower qui supportent un clavier métallique, ou Roffmaloff qui ressemble à du disco sur son lit de mort, près à rendre son dernier souffle. Il y a aussi Le Lac et Goldbird, ces deux jolies berceuses en interim pour remplacer le marchand de sable, l'outro Spark Out où l'on se fout d'entendre cette orchestre pseudo-celtique qui chante faux parce que ça sonne bien, puis le poétique Un Beau Jour ou Scruffy D fait une nouvelle apparition, encadré par une voix féminine qui donne l'illusion avec ses paroles naïve que la vie est rose comme une barbapapa. C'est con mais c'est beau.

Le Yéti de Jay Bharadia fait bien son boulot et laissera une empreinte grosse comme ça à qui veut bien se laisser guider...

http://www.myspace.com/yetirugs
http://www.yeticave.co.uk/
http://www.lumenessence.co.uk/

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   04-12-2008 00h03

GZA / Genius - Pro Tools (Babygrande)

Non, il ne s'agit pas du nouveau logiciel pour bricoler du son à la maison, mais du dernier album solo de GZA aka Genius, l'un des pivots du puissant Wu-Tang Clan. Si Pro Tools figure dans ces pages, c'est qu'il s'agit d'un album de Hip-Hop US qui sort du lot comme une girafe dans un troupeau de lémuriens. Après notamment un album au sommet avec DJ Muggs, largement applaudi par la presse, le Genius revient donc avec ce cinquième album solo, signé chez Babygrande (qui abrite entre autres Jean Grae et Blue Sky Black Death), qui prescrit une fois de plus une ambiance réfléchie et pas du tout vénère. Pour une fois et contrairement à la majorité des mixtapes, le mastering est plutôt réussi et met en relief le gros beat caractéristique du MC New-Yorkais. Tant de talents individuels, c'est évidemment ce qui fait la renommée du WTC...

Une douce intro pour y voir plus clair, et c'est Masta Killa et RZA qui donnent un coup de main à leur collègue sur Pencil, défini par un tempo lourd et lent, ainsi qu'un art du cut & paste vocal efficace. GZA invite d'autres potes pas forcément connus comme Justice Kareem, Rock Marcy, True Master ou Ka, peut être pour se sentir moins seul sur des instrumentaux délicieusement amers comme le sample de violon vintage sur Firehouse ou le petit piano mélancolique d'Alphabets. Il arrive que le flow de GZA seul paraisse austère et monocorde, mais ces quelques baisses de régime passent inaperçues devant la qualité des instrus: la mélodie cristalline de Paper Plate, la rythmique étrangement rock'n roll de 0% Finance, l'atmosphère massive et tragique de Cinema sur lequel Justice Kareem est obligé de chuchoter, ou 7 Pounds meilleur morceau de l'album avec son instru enthousiaste et le flow complice de GZA qui met l'auditeur échec et mat', pour terminer sur un petit track live un peu plus gangsta...

A posséder pour les fans, à découvrir pour les autres!

http://www.myspace.com/gza
http://www.iwelcom.tv

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   09-12-2008 21h51

Monosurround - Hello World (Citizen Records)

Cet automne, on retiendra trois choses: l'élection d'Obama, les feuilles mortes qui se cassent la gueule, et l'album de Monosurround. Citizen Records a bien fait de mettre le grappin sur ce duo berlinois avant que quelqu'un d'autre ne se jette dessus, profitant de l'occasion pour faire briller encore plus son écusson de label référence lorsque l'on parle d'Electro-tek. Electro-tek, le mot est large, presque caricatural, tant Ramtin et Erik divergent allégrement vers d'autres contrées sonores. Après une intro en forme de piste d'envol, c'est le chaos qui s'installe avec le midtempo apocalyptique de We. Un certain Voin pousse la chansonnette sur le complètement soulful Mushroomed, ou Craig David ferait du surf avec Pharrell dans le creux d'une vague électro enjouée. Une ligne de basse funky mène la danse sur Gloryland, Ramtin se la joue hip-hop sur Message In A Bottle avec la même ferveur que les méchantes marionnettes de Puppetmastaz, et le disque s'éteint sur une note blues sucrée avec All Night Long.

En définitive, les Monosurround ont bien compris que l'intérêt du format album ne se résumait pas à appliquer la recette dancefloor qui en a fait leur succès. Ceux qui désirent rêver debout iront directement écouter la jolie berceuse Reprise, mais y en a quand même qui veulent danser! Close Up appelle des références années 80 à la manière des Rythmes Digitales, le massif Captain In The Sky mériterait un coup de pitch, et les voix robotiques de Hello World vous saluent sur un gros pied et une mélodie acide qui rappellent inlassablement les bons vieux Chemical Brothers, époque Block Rockin' Beats. N'oublions pas les deux titres clés qui ont propulsé le duo: le fameux Cocked, Locked, Ready To Rock, a du mouiller quelques maillots... Quoi de plus efficace que des nanas qui scandent un slogan unificateur sur une instrumental imparable! Entre parenthèses, n'importe quel DJ se doit de posséder dans son bac le maxi vinyle avec la version (Summerized) calibrée pour faire péter les clubs, accompagné du remix pyromane du prometteur Fukkk Off.

Terminons cette chronique par une raison suffisante pour acheter l'album, l'hymne Borschtchick, aussi imprononçable que dévastateur, avec ses montées qui donnent envie de pisser et son esprit rock'n'roll faussement agressif!

http://www.monosurround.de
http://www.citizen-records.com

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   16-12-2008 00h53

David Carretta - Rodeo Disco (Space Factory)

Avant d'aller plus loin, dites vous bien que s'il y a un album de techno à acheter avant la fin de l'année, c'est bien celui-là! Si ça vous suffit, courez chez le disquaire du coin, sinon analysons un peu ce troisième album du producteur marseillais intitulé Rodeo Disco. Trois LP c'est peu pour quelqu'un qui a vingt ans de bouteille: David Carretta commence avec son groupe Art Kinder Industrie, où il joue de la musique industrielle et noisy avec un pote en tenue de militaire avec un masque à gaz sur le nez. Comme beaucoup de "vétérans" de la french touch, il tombe amoureux de la musique électronique en mettant les pieds dans la boue d'une rave party. Il sort son premier maxi en 93 sur la prestigieuse structure trance Harthouse (label de Sven Väth), et c'est même lui qui a posé la première pierre de la muraille International Deejay Gigolo, un label qui lui va si bien. Le son de David Carretta se durcit tout en lorgnant vers la pop avec l'album Le Catalogue Electronique, étape importante de la scène française, avant de créer son label Space Factory en 2003 pour y sortir Kill Your Radio, méchante combinaison d'EBM influences Front 242, de sons rave pas très catholiques et de techno agressive, puissante mais pas toujours très accessible. Bref, en plus d'une forte identité sonore, il y a le personnage: cheveux gominés, moustache bien peignée, poils qui dépassent de la chemise, David Carretta se dessine une image de provocateur à cheval entre Moroder et acteur italien de films de cul.

Plus italo que disco, mais résolument techno, David Carretta nous invite à marcher sur une mine antipersonnelle dès le premier morceau Dance Machine, sacrément bien foutu. Les influences sont clairement kraftwerkiennes sur l'excellent New Love vocoderisé à souhait. Comme dans tout rodéo, faites gaffe à ne pas tomber à la renverse, en écoutant par exemple Love Lazer Dance Sex, dark à l'ancienne, qui rappelle Dima (ex-Vitalic) et les premières productions Goodlife. Après ces trois titres irréprochables, l'album subit une petite baisse de régime: le brouillard tombe sur un Planet Research un peu évasif, suivi d'un Planetary Attraction sans grand intérêt. A peine on a le dos tourné, David teste nos réflexes en envoyant une nouvelle grenade en la matière du déjà classique Disco Dance, et Dieu sait à quel point il est difficile aujourd'hui de pondre des tueries tek si on ne s'appelle pas Laurent Garnier ou Agoria. Le répétitif New Disco Beat attache le danseur sur une pale d'hélicoptère, et sa compagne Gigi Succès (qui l'épaule tout au long du disque) chante sur Sex On The Moon, le genre de morceau étonnamment frais qui aurait pu être produit il y a vingt-cinq ans. La rythmique increvable et les synthés mordants de Running The Planet laissent le fin mot de l'histoire à l'outro flippante et downtempo style Carpenter, Goodbye Honey Moon.

C'est décidé, je me laisse pousser la moustache.

http://www.davidcarretta.com
http://www.myspace.com/davidcarretta
http://www.space-factory-disques.com
http://www.myspace.com/spacefactory

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   16-12-2008 17h43

Siriusmo - AllTheGirls EP (Exploited)

Petit flashback en février de cette année. Siriusmo sort le maxi qui va booster sa carrière et en faire l'un des jeunes aux dents longues qu'il faudra suivre à la culotte en 2009, avec des mecs comme Surkin ou datA. Et dès son deuxième single, après celui d'Adam Sky vs Mark Stewart, on peut dire que le jeune label Exploited a frappé fort. Côté Electro-tech, nous étions habitués à des choses plus rentre-dedans. Siriusmo préfère se la jouer mollo, avec un maxi sexy joué en boucle par Bonde Do Role, Justice, Diplo, ou le warpien Jackson...

Dans cette pochette détournée de Donna Summer se sont glissés huit titres prometteurs: Allthegirls est un track électro midtempo irrésistible qui possède ce genre de groove électrique, et presque aphrodisiaque! Dommage que le morceau suivant Allthegirls, reprise (le même mais en beaucoup plus dancefloor) ne dure qu'une minute... La transition est néanmoins assurée, avec Girls Rock qui porte bien son nom. Femuscle est plus atmosphérique, et polyvalent puisqu'il sera autant efficace dans un set Minimal qu'Electro-tech.
Modeselektor travaille sur un edit lent et discoïde de Wow, dont la version originale funky et potelée n'est dispo qu'en version digitale (vive le mp3?). Côté remixes du titre principal, Tomboy en fait une version plus pêchue qui va chercher son énergie dans la Hard House du début des années 90, et Yuksek a toujours sa casquette de dancefloor killer bien vissée sur sa tête!

Pas étonnant que Moritz Friedrich ait du pain sur la planche après un tel maxi. Entre des commandes de remixes, et des passages en studio pour finaliser des tracks pour Boys Noize et pour le prochain mix d'Orgasmic, on attend la suite.

http://www.myspace.com/siriusmo
http://www.exploitedghetto.de

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   16-12-2008 17h49

Starskee - My Way EP (Ekler'o'Schock)

Le label prometteur Ekler'O'Schock qui a déjà tenu pas mal de promesses avec datA, Danger ou Leonard de Leonard présente une nouvelle recrue taillée dans une roche plus commerciale. Starskee n'est pas né de la dernière pluie acide et s'est fait les dents en tant que DJ dès le début des années 90. En 95, il collabore avec Daren Bayton et Ros Preston sur le projet Pink Bomb, qui les place au niveau de Sasha et John Digweed dans la catégorie espoirs anglais. En 2002, Matt Booker fonde le projet Starskee avec Jolyon Baker, et le duo se taille une réputation de remixeurs incontournables sur la scène de Toronto, avec des travaux pour Osunlade ou Smash TV.

Matt continue seul l'aventure et fait perdurer cet esprit trance originel sur My Way, une pop digitale super mélodique dont le charme gentiment naïf séduira aussi bien les DJ pointus que le grand public. Rien de bien nouveau dans ces trois titres mais on remarque que Starskee possède une vraie personnalité en développant ce style électro vocal. Par exemple, les synthés électriques de Finis enverront des joutes à qui s'approchera trop près des enceintes! Après une intro au piano,I Wanna Rule Your World ressuscite des fantômes disco-dance avec des vieux sons d'Atari qui provoqueront une certaine nostalgie même pour ceux qui n'étaient pas nés...
Le morceau principal est revu par Danger, l'un des plus (hyper)actifs du label, qui remixe en ce moment tout ce qui bouge sur un ton Electro-tech galvanisant toujours ludique et enjoué!

http://www.myspace.com/wearestarskee
http://www.ekleroshock.com/

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   17-12-2008 23h02

Kid Acne - Romance Ain't Dead (Lex Records)

Dans le genre poils au menton qui cachent un personnage sympathique et déjanté, on a chez nous l'icône Sébastien Tellier. L'Angleterre, dans un tout autre registre, présente Kid Acne, figure du Hip-Hop qui commence à faire son trou. Depuis 2001, il se sert de son propre label Invisible Spies pour sortir ses propres productions et celles de son groupe Toah Dynamic, jusqu'à ce que l'album Council Pop (c'est avec ces deux mots qu'il définit sa musique) attire l'attention de Lex Records, qui lui propose alors d'intégrer le bataillon d'une armée qui compte déjà Boom Bip, Danger Mouse, Tes ou Prince Po dans ses rangs. Et vu l'originalité de son rap, pas étonnant que Kid Acne vienne accrocher ses bouteilles d'oxygène à une ligne de conduite devenue peut être trop expérimentale. Et le petit gars de Sheffield est loin d'être un branleur. En plus de proposer un rap anti-conventionnel à base d'instrus percutantes et de pulsions Punk, le Kid a réalisé des tas de pochettes de disques (notamment les siennes et d'autres pour TTC époque Big Dada), une série d'Art Toyz, une ligne de T-shirts pour Prada, ou des expos de ses talents de graffeur.

Appelez comme vous le voulez: Ackers, Ken Acid, Kidney Ache, Eddy Fresh, mais ne venez pas faire chier ce dernier! "_i_That's right kids, don't **** with Eddy Fresh!" scande t'il sur ce jouissif premier single, qui rassemblera sous un même chapiteau les fans des PuppetMastaz ou des Beastie Boys. Fidèle au poste, Req One assure la production, dont le travail est minutieusement remis en forme par Ross Orton, qui a bossé pour l'Electro-Rock de Fat Truckers et les deux albums de la princesse M.I.A. Les textes humoristiques et décalés de l'anglais ne seraient rien sans la puissance de ces instrumentaux: le beat vieille école aux samples soul de Don't Pity Me, le trip hop élégant de Roc Roc Radio, You're Not Wrong qui laisse de l'espace pour smurfer, un South Yorks bien fat qui n'a rien à envier aux autres blancs becs qu'on appelle les Beastie Boys, les délires gonflés de Shut Your Mush, et on n'ose même plus parler de Hip-Hop à l'écoute des post Punk Oh No You Didn't ou 2,3 Break It.

Et ce n'est pas parce qu'il est sous contrat chez EMI qu'il a les couilles dans un étau pour autant: derrière son béret et son allure de paysan qui a garé son tracteur pas loin, Kid Acne est un personnage extraverti qui dégage sur scène une énergie foldingue à travers un set aussi court qu'intense, exactement comme ce généreux Romance Ain't Dead!

http://www.myspace.com/kidacne123
http://www.lexrecords.com

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   19-12-2008 00h30

Rubin Steiner - More Weird Hits! (Platinum)

Le cinquième album de Rubin Steiner, Weird Hits, Two covers & A Love Song, se voit réédité en digipack deluxe (et c'est vrai qu'il est beau), muni de son ami More Weird Hits, comme s'il n'en avait pas dit assez la première fois. Ce disque bleu affublé de l'étiquette "A crazy compilation of weird groovy remixes, catchy alternative radio edits & incredible unreleased electronic tracks" pourrait nous éviter la partie "description du contenu" de la chronique standard. Presque tout est dans le titre, mais pas la vie du personnage. En 1998, Frédérick Landier était l'un des premiers français à réellement percer la scène nu-jazz (cocorico) avec ses deux premiers opus très justement intitulés Lo-Fi Nu Jazz, et les quelques 45 tours qui les accompagnaient. Il passe alors pour quelqu'un de raffiné, mais ce statut est vite démenti par les albums suivants, Wunderbar Drei et Drum Major!, qu'il utilise comme support pour faire pogoter les fosses des festivals avec son Neue Band. Rubin a toujours su rester en marge d'une quelconque french touch, ce qui fait automatiquement de lui un artiste jamais obsolète. Cette nouvelle sortie est certainement ce qu'il a fait de plus rock'n roll, peut être aussi de plus sex et drugs, mais on n'ira pas vérifier.

Il est vrai que le terme "Weird Hits" est presque un euphémisme: Another Record Story sonne un poil vieillot mais quand on s'approche pour prendre la température, cette énergie exponentielle se révèle incroyablement fraîche. La plupart du temps, ces tubes sont enregistrés en une seule prise, et nous savons tous que ce genre de spontanéité donne un charme supplémentaire à l'album; l'electro-pop synthétique de Take Your Time emprunte sa dynamique à l'electro-tech, Kiss Richard démarre couché sur un synthé cosmique, pour se transformer en hit de crooner. Mais Rubin laisse parfois son micro au grenier. Hope To See You At Total Heaven est un instrumental épique qui n'a rien à envier à Mogwaï, et For Sloy ressemble plus aux dernières productions Warp Records type Pivot. Le groupe transforme le Warm Leatherette de The Normal (ou Grace Jones...) à sa sauce, et le rend méconnaissable avec un break central dopé au breakbeat qui débouche sur une coalition de guitares énervées. La love song Can You (en duo avec madame Douze) reste un peu trop sucrée à mon goût, et A Baby est une jolie ballade folk à la guitare sèche.

Le second CD More Weird Hits est directement décliné du premier, additionné de quatre inédits. 25 Hours A Day (producteur d'Adam Kesher, éditeur de Phoenix et guitariste de la tournée live de Cassius) s'occupe d'une bonne partie des versions alternatives des meilleurs tracks, en proposant des edits qui n'apportent pas grand chose aux originaux. Le musicien électro O.Lamm change 1974.5 en musique de jeu vidéo à partir de 3 ans! Le talent prometteur Hypo, du label Active Suspension (qui héberge déjà Colleen et Sutekh, piliers de Leaf Records) manipule For Sloy (aka Sor Floy) dans un moulinet house chelou au groove qui sort de nulle part. Iologic, fondateur du groupe mélodique Nestor Is Bianca, envoie du post-rock psychédélique, le français Fortune signe la version la plus trance et la plus dancefloor du pack, et on retrouve avec joie nos bidouilleurs des années '90, Bosco, avec un remix rentre-dedans de Take Your Time pas super original mais bien dans le contexte. Côté unreleased, notre icône s'amuse à copier-coller des morceaux de sa voix sur Faster, puis il y a Black Black Disco, l'échantillon le plus dark qui évoque du John Lord Fonda qu'on aurait passé au ralenti. Avec Love Me Or Leave Me, Rubin assied un robot derrière l'orgue de son église et prouve clairement avec tout ça qu'il ne cherche à rentrer dans aucun moule électro prédéfini!

http://www.rubinsteiner.com
http://www.platinumrds.com

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   11-01-2009 23h41

Yuksek - Tonight EP (Uncivilized World)

Une poignée de maxis (en particulier les décoiffants Composer EP et It Comes EP) aura suffit à Yuksek pour devenir l'incarnation de l'efficacité électro-tech à la française. Les clubs, les festivals, et salles de concert s'arrachent son live où, seul derrière ses machines et son mini-micro, il est capable de commander le taux de délire d'une foule d'un coup de breakbeat vénère ou de montée inflammable. Fatalement, les labels tendent le bras pour essayer d'attraper ce talent qui déménage presque à chaque sortie: Rise, Relish, puis Uncivilized World et Barclay pour ce Tonight EP que l'on peut trouver chez tous les bons disquaires dans un joli packaging cartonné à un prix ridicule...

Ce jeune provincial (il vient de Reims) donne une vision un peu plus mainstream de son travail. Tonight ne déroge pas à sa férocité habituelle et trouve de quoi séduire un public plus large en la matière de ce gimmick vocal fédérateur et de cette mélodie Electro-rock qui n'en finit pas de monter. Les synthés distordus et les influences hardhouse de Deladeu 2 mettent de l'électricité dans l'air, et Yuksek s'essaye ensuite dans un registre downtempo, fat et funky et s'en sort de fort belle manière avec A Certain Life. Celui qui vole la vedette sur les maxis des autres, en transformant par exemple les morceaux de The Subs, Van She ou Siriusmo en bombe dancefloor, devient le remixeur remixé: Kris Menace durcit le tempo du morceau principal en utilisant sa structure de base pour le rendre plus massif! Le groupe local The Bewitched Hands préfère reprendre Tonight dans une cover pop seventies illuminée, avec The Shoes aux claviers et Yuksek himself au mixage...

Un maxi annonciateur d'un album qui risque de faire très très mal! Yuksek, messie de l'année électronique 2009?

http://www.myspace.com/yuksek
http://www.uncivilizedworld.com

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   12-01-2009 00h00

Carabine - Carabine EP (Vicious Circle)

Mettez votre casque et laissez cette Carabine s'appuyer doucement sur vos tempes, vous verrez, ce n'est pas si flippant. Montez le son. Ecoutez. Dansez. Le contrecoup issu du premier maxi de ces deux bordelais est immédiat! BL et TB inaugurent leur entrée dans le monde discographique avec cet EP 5 titres qu'on pourrait presque qualifier de mini-album. Depuis le temps que BL et TB jouent aux côtés de Justice ou les Svinkels, c'était le moment de graver quelque chose sur disque. L'un a un faible pour Sonic Youth, l'autre pour Squarepusher, et les compères fusionnent leurs influences pour générer une exquise pop-music de bad boy incorrigible. Le duo n'a pas peur de chanter en français, c'est même ce qui fait particulièrement leur charme, sur des instrumentaux hésitants entre electro-tech, rock et punk-funk.

On sait maintenant que ce genre de collision met la pêche à qui veut bien l'entendre: le maxi démarre sur une apologie ironique du GHB, décrite sur un synthé funky pas très loin de la coqueluche anglaise Calvin Harris. Sur Mister Gachette, la soirée part en couille, et Carabine cultive les ressemblances avec la kitscherie de TTC et la désinvolture des Klaxons! Un peu d'eau de rose dans ce monde de clubbers drogués avec le morceau de lover pré-ado Les Billets Doux, sa rythmique downtempo déstructurée et sa mélodie acide bien en chair. Marre du Taf rappelle automatiquement Teki Latex et consorts avec son ambiance booty-hip-hop. Carabine a honte pour les flics divorcés, les vols de briquet, les jeans délavés… Le Lalala à entamer en choeur du meilleur morceau J'ai la Honte masque en fait une tuerie electro-tech très couillue!

Laissez le temps à Carabine pour se recharger et attendons bien sagement l'album ou un éventuel passage près de chez vous!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   12-01-2009 00h11

Spleen - Comme Un Enfant (Remark Records)

Voici le genre d'artiste français qui mériterait clairement une victoire de la musique. Je vous l'avais déjà dit pour son premier album She Was A Girl, mais ça n'est toujours pas fait, et on se demande ce qu'attend ce trophée pour tomber dans les mains de Spleen... Il est clair que ce poète urbain moderne aurait mieux fait de continuer sur sa lancée après un premier album qui visitait tous les recoins de la rue avec le talent d'un grand écrivain et la fraîcheur d'un rookie. Il aura fallu attendre cinq ans pour le voir incrémenter sa discographie, et heureusement sans nous décevoir, avec ce Comme un Enfant, plus optimiste et poétique que son premier opus. Touche à tout de naissance, ce jeune black de 26 ans était aussi bon avec un ballon dans les mains (une carrière de handballeur professionnel s'ouvrait à lui!), que sur la scène d'un théâtre (en tournée sur une adaptation de Roméo et Juliette) ou d'une salle de concert (en duo avec Hugh Coltman sur le projet Heez Bus). Ce sont entre autres des rencontres déterminantes avec la voix tremblante d'Antony & The Johnsons, le roi du folk Devendra Banhart et surtout les sœurs excentriques Coco Rosie qui le freinent dans ses envies de dispersion et mettent un peu d'eau sur sa flamme grandissante de curiosité.

A l'origine du collectif The Black & White Skins qui regroupe danseurs, peintres, cinéastes ou musiciens, c'est bien cette dernière forme d'art qui lui va le mieux. Et Spleen a mûri. Il n'est plus vraiment le jeune homme plein de fougue qui drague à tout va, touche à tous les genres, slamme pour un oui ou pour un non. Après une berceuse en guise d'intro, on comprend que le ton est plus posé, plus homogène aussi, et parle avant tout de la difficulté à avouer ses sentiments et de son comportement plus ou moins infantile face aux dures lois de l'Amour, dixit cette poésie urbaine sur fond de blues. Ce titre, Comme un Enfant, c'est un rapport à la spontanéité juvénile, cette manière instinctive d'écrire des mots sur du papier, comme il l'explique dans cette ballade soul en forme de love-story entre lui et sa plume Stylo Stéréo. Musicalement parlant, Spleen connaît du beau monde et s'entoure de musiciens comme Seb Martel à la guitare, le pianiste Yoshi Masuda ou l'afro-américain roi du funk contemporain Amp Fiddler aux synthés. Inévitablement, Coco Rosie fait une apparition piquante et délicate sur l'émouvant Peter Pan. L'auteur tantôt jaloux tantôt amoureux adopte une voix de crooner sur Tu l'aimeras, et Love Dilemme n'est pas sans rappeler le soulman D'Angelo! Yaoundé est un hommage touchant à son Cameroun natal, et Mama Capella, un autre -plus comique- à sa maman. Il reste un peu du Spleen bigarré d'il y a cinq ans, qui ressort sur l'instru beatbox de Le Roi où l'excellent funk ironique de Junk Food, tout ça pour dire que Spleen a encore des mots et des mélodies à faire partager.

Spleen est autant un grand enfant qu'un grand artiste, et commence enfin à avoir la reconnaissance qu'il mérite avec cette sortie plus que nécessaire pour une scène française qui s'essouffle!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   12-01-2009 00h15

Fennesz - Black Sea (Touch)

Vous êtes arrêtés à un feu, une voiture s'arrête à votre hauteur, avec du gros son qui s'échappe des fenêtres grandes ouvertes. Gansgta rap? Techno pouêt-pouêt? Non, c'est l'ambient de Christian Fennesz! Une telle puissance, même pour une musique calme, mérite bien qu'on pousse le volume. Depuis 1995, le viennois développe un gros travail sur la mélodie, jusqu'à toucher un public plus large avec son disque Endless Summer qui hurle le silence et joue à nous filer des frissons alors qu'on n'a rien demandé. Quatre ans après Venice, il était temps que Fennesz récidive en offrant Black Sea, plus occupé à gonfler les textures et distendre ses mélopées, toujours aussi planantes.

Fennesz propose alors une autre manière d'utiliser la guitare électrique et acoustique en les noyant au milieu de ses synthés, et en dilatant ses armatures à travers différents filtres et effets, à l'image du morceau éponyme Black Sea qui alterne calmes plats et bourdonnements magistraux ou du glacial et taciturne Glass Ceiling. On a l'impression d'avoir d'énormes matelas à la place des tympans, tant le son de Fennesz vient s'y endormir lourdement, nous procurant cette sensation d'hypnose éveillée. Les meilleurs exemples sont sans doute le métallique The Colour Of Three où il collabore avec le pianiste Anthony Pateras, un Perfume For Winter qui vous rentre par tous les orifices ou l'expérimental Glide enregistré live à Paris avec Rosy Parlane.

Fennesz tient peut être entre ses mains ce que Freud cherchait à faire: nous rendre conscient de notre subconscient!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   12-01-2009 00h21

WINDSURF - COastlines (Internasjonal)

Jusqu'à présent, le nu-disco était né sous la neige norvégienne, le monopole étant dans les mains des empereurs et inventeurs du genre Hans-Peter Lindstrom et Prins Thomas. Ce dernier compte dans son catalogue de remixes les victimes Sorcerer et Hatchback, chacun dans son projet solo respectif. En fouinant sur la toile, il découvre par hasard que ces derniers bossent ensemble sous le pseudo Windsurf, dont le premier album deviendra la première sortie du label tout neuf Internasjonal. Prins Thomas s'impose comme directeur artistique de la maison et décide, contrairement à son autre label référence Full Pupp, d'aller chercher des talents ailleurs qu'en Norvège. C'est tout vu, les deux gars de San Francisco sont la cible rêvée pour donner un nouveau souffle à la scène, avec leur mélange downtempo, trance et nu-disco.

Forcément moins froide et plus accueillante, la musique de Daniel Judd et Sam Grawe se distingue dès l'ouverture estivale de dix minutes Moonlight Sun qui semble broder un canevas sonore sur une belle journée d'été! Light As Daylight ressemble à un mégamix un peu facile des compilations Cafe Del Mar, avec néanmoins tout ce qu'il faut pour se détendre, tout comme l'autre track vocal Bird Of Paradise. Windsurf et Cracking The Cube s'inscrivent dans une veine house minimale et organique à la Justus Köhncke, et les influences Vangelis, Space Art ou Pink Floyd sont évidentes sur White Soweto. D'autres morceaux valent le détour comme le funk de plage Pocket Check, The Big Island qui garde le beat caractéristique du disco ajouté à quelques guitares enjouées et mélodies planantes, pour terminer sur le ressac d'un long track ambient de 12 minutes...

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   15-01-2009 19h38

Asian Dub Foundation - Punkara (Naïve)

Que peut-on attendre aujourd'hui d'un groupe comme Asian Dub Foundation? Ils ont déjà beaucoup donné tant sur le plan musical que politique, en sortant depuis 1994 une flopée d'albums qui ont fait d'eux le collectif culte qu'on connaît. Politiquement, ADF s'est calmé depuis l'époque de Free Satpal Ram et ses BO pour La Haine ou La Bataille d'Alger, en dénonçant autant mais de manière moins radicale et avec plus d'ironie... Musicalement, mis à part quelques tracks qui sortent du lot (voir les collaborations avec Sinead O'Connor par exemple) les derniers disques ont montré qu'ils avaient des difficultés à renouveler et à rendre actuelle leur fusion abondante entre punk, drum'n bass, rock et musique traditionnelle. Cette dérive du Banghra, genre qui s'est développé dans la communauté indienne et pakistanaise vivant au Royaume-Uni, est tellement cohérente que le genre se ré-exporte d'où il provient! On ne sait pas vraiment expliquer comment, mais la puissance envoyée par ce nouvel album remet ADF sur ses rails de maîtres de l'Asian underground.

L'expérience de la scène n'y est pas pour rien dans l'histoire. A force de remplir à craquer les plus grandes salles du monde (aux côtés de Primal Scream, Radiohead ou Rage Against The Machine, rien que ça...), ADF crie un peu moins, chante davantage, sur des instrumentaux moins foutraques qui résument les meilleurs éléments scéniques, comme cette intro aux guitares lourdes Target Practice. Burning Fence utilise la bonne vieille recette de musique indienne qui dégénère en drum'n bass, pour un des morceaux les plus énergiques et dansants du disque! Superpower exploite un peu trop la recette ragga/banghra pour un résultat un peu poussif, vite remis à niveau par la mélodie accrocheuse de Speed of Light. Le nouveau chanteur Al Rumjen donne des impulsions ska sur Ease Up Caesar avec le même talent qu'un bon MC drum'n bass, avant de provoquer une danse du ventre sur le folklorique Living Under The Radar. Avant de terminer sur le morceau un tant soit peu stéréotypé Awake/Asleep, on a droit au featuring surprise avec Iggy Pop, qui les considère comme le meilleur groupe qu'il ait vu en 30 ans. On se demande ce qu'il vient faire sur No Fun, mais la voix d'Iggy s'intègre parfaitement dans ce mélange de pop et de percussions ethniques!

Quoiqu'il arrive, Asian Dub Foundation trouvera toujours un public pour le suivre, et c'est amplement mérité non seulement grâce à la fraîcheur de cet album, mais aussi à l'ensemble de leur carrière bien chargée...

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   15-01-2009 19h39

... Plus de chroniques, d'infos sur les artistes et d'interviews sur www.theclubbing.com :D

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   18-01-2009 22h50

Junesex - Worst than Love EP (Junesex International Airlines)

Il ne serait pas étonnant que Junesex prenne son pied à voir son public faire l'amour pendant qu'ils envoient leur son sur scène. En même temps, ils le cherchent avec ce Worst Than Love EP, qui succède au premier maxi The Ballade Of Tom Scraw et annonce par la même occasion la sortie d'un prochain album. Formé en 2002 le groupe fait sensation avec son premier opus So Fucking Chic, délicat et énervé, qui redonne du jus à la pop music en la mélangeant à la techno, au hip hop ou au hard rock.

L'original est une pop électronique raffinée, que l'on peut résumer par un kick efficace, un petit piano séducteur, une voix sensuelle... Le track parfait pour la bande-son de vos préliminaires! Losoul opte pour une deep house à l'ancienne, avec une connotation acide qui mettra tout le monde dans la vibe lors d'un warm-up, ou alors permettra au DJ de lever le pied pour mieux repartir au milieu d'un set. Le remix de Château Flight est considéré par beaucoup, dont Laurent Garnier, comme le meilleur track du maxi. Il est vrai que Gilb'R a trouvé une manière originale de remodeler Worst Than Love, avec son clavier bancal et son humeur hypnotique et sexy... Après une cover de Run DMC, Junesex s'attaque à Iggy Pop, en reprenant son NightClubbing, qui booste d'un seul coup le tempo pour un track tout de même basique et relativement en deçà du reste de l'EP.

C'est cul, ça fait bouger la tête, et ça rend surtout impatient pour la sortie de l'album Sex In Times Of War en février!

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Date:   22-01-2009 00h02

Blue Sky Black Death - The Holocaust Instrumentals (Babygrande)

Ca fait bientôt six mois que ce projet du duo ingénieux de la côte Ouest est sorti, mais ça vaut le coup d'en parler deux minutes. Blue Sky Black Death nous avait scotché les fesses au parquet avec son album chroniqué dans ces pages Late Night Cinema, sorte de (tr)hip-hop instrumental cinématique aux envolées lyriques frissonnantes. Ce nouvel opus est en fait la réédition de celui du rappeur The Holocaust sorti en 2006, en version entièrement instrumentale. La voix du membre des Black Knights s'efface alors pour laisser s'échapper toute la finesse de la production.

Il est évident que les producteurs de la côte ouest offrent des morceaux moins riches et plus bruts que sur leur album "solo". En sachant qu'il fallait faire une place pour The Holocaust, le duo parvient à respecter ce cahier des charges en bourrant le tout de détails vocaux et de belles mélodies. Plunder utilise des samples mélancoliques, avec un art du cut and paste concis et loin d'être excessif, comme l'émouvant No Image. Quoi de plus confortable pour un MC de moduler son flow sur des instrus aussi pures que God Be With You et ses violons qui chialent, le clavecin glacial de What Can the Matter Be, le beat soutenu de Twilight Zone, ou le joliment phat The Ocean, sans oublier le piano qui fait des merveilles sur Smoking Room ou Monarchs.

C'est joyeusement déprimant, ça donne envie d'en verser une petite, mais c'est pour la bonne cause!! Un duo de producteurs à surveiller de près...

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   22-01-2009 00h05

Picci - Double Dutch (Modulor)

Avec sa belle gueule à jouer dans des romans photos italiens, qui aurait cru en regardant simplement la pochette que Picci s'imposerait comme une révélation française de l'année 2008? C'est vrai qu'à première vue ça sent le truc kitsch à cent mètres, mais la fraîcheur dégagée par ce monsieur Piccinini a vite fait de ralentir nos préjugés dès les premières mesures expressives d'Asian Bay! Comme pour mettre ses tympans dans le bon moule en même temps que ses dents de lait, la cassette du onzième album des Beatles Abbey Road de ses parents tourne en boucle dans son lecteur en plastique à l'effigie de Dingo, dès l'âge de 4 ans. Depuis, Picci voyagé à Londres, Belfast, New York, si bien qu'il est impossible à l'oreille de deviner qu'il a enregistré Double Dutch dans un studio près de chez lui, à Paris.

Il n'est jamais trop tard pour découvrir un disque qui est passé inaperçu en cette fin d'année, surtout si je vous dis que Picci s'apparente paradoxalement à un musicien avant-gardiste old-school... Ca aurait pu sortir (et faire un carton) il y a 30 ans, mais ça possède toutes les caractéristiques d'une bonne chanson pop du troisième millénaire! Cops Are Driving So Fast et Stupido possèdent ce genre de ritournelle irrésistible que l'on siffle sous la douche. Ses influences pour les Byrds, Donovan ou les Pretty Things se répercutent sur des tracks matures comme Chanting For Castro ou sur le joyeux Spoiled Brat (dont le sympathique clip en carton est disponible sur www.iwelcom.tv/picci). Le fait que la demi-heure consacrée à cet album passe si rapidement est finalement un bon prétexte pour se repasser chacun de ces dix titres singuliers, en terminant à chaque fois tout en confiance avec les ballades Meaningless et Something Better, à cheval entre le _r_Help!_t_ des Beatles et les Dire Straits.

Une rumeur court toujours, Picci serait est en train d'écrire pour le nouvel album d'un artiste qui a vendu des tonnes d'albums, et pourrait être rejoint par des personnages de sa trempe comme Katerine, Rachid Taha, Bertrand Burgalat ou Sébastien Tellier... Mystère à suivre...

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   22-01-2009 00h13

Mochipet - Microphonepet Remixed (Creaked Records)

Depuis plusieurs années, le label Creaked Records ne paie pas de mine dans le paysage électronique mondial, mais renferme des découvertes qui valent le détour. L'alliance hip-hop/electronica de Mochipet est au moins assez fraîche pour que l'on en parle dans ces pages.
Après la sortie de son dernier album Microphonepet, Daniel Y. Wang s'embourbe dans un engrenage de créativité. On peut effectivement lire entre les lignes de son CV une apparition sur le jeu vidéo NBA2K9 aux côtés des Beastie Boys ou N.E.R.D, le succès d'une tournée européenne, ou une nomination de Best Electronic Act 2008. Tout ça méritait bien que des producteurs renommés et hétéroclites se penchent sur la question et contribuent à la sortie de ce mini-album de remixes.

Le label suisse offre huit titres, à commencer par un remix très british de CLP aka Chris de Luca (moitié de Funkstörung) vs Phon.o. Lent et dark sur cette version, Get Your Whistle Wet est revu plus loin par DJ C, avec un gros travail sur le beat mais rien de bien excitant. L'anglais Fliami Vice justifie son titre de gagnant du remix contest avec une reprise electrotech bien chargée! Les artistes maisons suisso-canadiens Starting Teeth donnent une vision electro-midtempo mentale de Lazy Day. Le titre Rambunktion a du succès: d'abord revu par son créateur, c'est l'américain Boreta de la Glitch Mob qui débarque avec une version apocalyptique proche du hip hop hardcore instrumental de son confrère edIT. Jahcoozi y branche des guitares et place des riffs bien calibrés pour une version rebelle. Pour terminer, Darko, DJ de Spank Rock, met sa Baltimore bass au service de Vnecks, pour un résultat globalement funky!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   25-01-2009 19h07

Golden Bug - Hot Robot (Gomma)

Antoine Harispuru et les robots, c'est une histoire d'enfance. Dans les années 80, sa mère tenait "La Maison du Robot" à Paris, étant par la même occasion la première à importer des jouets nippons en Europe. Parmi eux se trouve son robot fétiche, Victor, qui lui apportait son Coca sur un plateau, d'où cette fascination pour les machines. En s'appropriant de ce monde d'automates aux yeux bridés, il acquiert à 14 ans un sampler, des vieux vinyles, un kit de batterie Roland TR808, et développe grâce à cet héritage un style qu'il nommera explicitement Robotic Booty Funk! Il quitte le cocon familial, s'installe dans un bateau sur la Seine, et prend l'habitude de traîner avec les skaters du palais de Tokyo, avec entre autres DJ Falcon et Pedro Winter, tiens donc, comme le monde est petit... Antoine devient designer de jouets, tout en continuant à développer son style électro-androïdal qui arrive aux oreilles de Headman et son label Gomma, qui a vite fait de nous piquer notre talent hexagonal!

Avec ses synthés vintage et sa rythmique affriolante Midnight Rabbit annonce que la séance va groover. Ceux qui connaissaient déjà l'homme-robot peuvent se refaire les morceaux déjà sortis en maxi vinyles comme l'esprit punk de Barbie's Back, et les montées dark et démentes de Disco Sensation. Il se délecte à manipuler et vocoderiser son pote hip-hop Lou Valentino, et lui fait changer de sexe sur Bisco et d'autres morceaux comme le chaleureux My Teacher Is A Zombie qui n'est pas sans rappeler les Problèmes D'Amour d'Alexander Robotnick. Fan des labels DFA, Eskimo et DC Recordings, Golden Bug donne tout son sens au terme electrofunk avec Captain Shaker ou LookLookLook et se place parfois à égale distance de Calvin Harris et Justice (Rocket City).

Chaud le robot, chaud!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   30-01-2009 00h16

Josh Wink - Counter Clock 319 (Ovum Recordings)

Quand une pointure comme Josh Wink prévoit un retour sur le devant de la scène, tout amateur de musique électronique se doit d'être au taquet. Counter Clock 319 est le second maxi annonciateur de l'album When a Banana Was Just A Banana, et on espère que celui-ci contiendra quelques perles capables de rendre aussi dingue qu'unHigher State Of Consciousness. L'orgue du précédent EP Stay Out All Night avait son charme. Pas sûr que ce nouveau titre plus minimaliste fasse le même tabac dans les charts, mais il confirme que le blondinet de Philadelphie prend la techno par le bon bout, ralentissant le tempo tout en conservant l'efficacité qu'on lui connaît.

Counter Clock 319 est un track de 10 minutes, très progressif, d'abord guilleret, mais qui s'acidifie avec le temps pour devenir un véritable piège à clubbers. La structure du morceau rappelle les travaux de Green Velvet ou Plastikman, en particulier lorsque le creux des 5 minutes est balayé par cette tornade qui revient à la charge. L'explication du titre? Josh applique un effet sur le beat pour lui donner une rotation anti-horaire qui tournoie dans votre tête déjà bien endommagée si on l'écoute en stéréo. Le petit truc qui fera obligatoirement mouche en club! L'ancien maître du Schranz Chris Liebing "réorganise" le morceau, sans vraiment le remixer, et y ajoute quelques ampères pour monter en intensité avec une rythmique un peu tribale sur les bords...

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   30-01-2009 00h30

The Cinematic Orchestra - Les Ailes Pourpres (Disney Nature)

Qui aurait pu deviner un jour que Jason Swinscoe et sa bande orchestreraient un jour des ballets de flamants roses? Il est vrai que leur subtil mélange de jazz et d'électronique colle parfaitement à la grâce et la légèreté de ces curieux oiseaux... Après la sortie d'un album live en 2008, les écossais de chez Ninja Tune saisissent l'aubaine de figurer au générique du tout premier film labellisé Disney Nature, maison de production basée à Paris qui projette de sortir un grand film sur une merveille de la planète par an. Pour remettre au goût du jour le reportage animalier, le succès de "La Marche de l'Empereur" mis en musique par Emilie Simon, mettait déjà l'accent sur l'importance de confier la bande-son à un seul artiste, qui peut alors se concentrer à 100% sur le projet et développer son thème. Matthew Aeberhard et Leander Ward se sont rendu au Lac Natron en Tanzanie pour observer et filmer pendant plusieurs mois les un million et demi de flamants de cette réserve naturelle surréaliste, fixant l'attention de la caméra sur un petit privilégié, de la naissance à l'âge adulte. Avec la trace rouge indélébile laissée sur la joue suite à la claque qu'il s'est prise avec le somptueux album Ma Fleur, la question cruciale de quel-son-je-vais-mettre-sur-mon-film ne se posait même plus. Jason Swinscoe était l'homme de la situation!

En dix ans de carrière, The Cinematic Orchestra n'a vraiment justifié cet adjectif qu'en 2003 en jouant live en façade du film muet russe "Man With a Movie Camera" de 1929 (album+dvd à découvrir si ça n'est pas déjà fait). Le rêve se concrétise avec Les Ailes Pourpres, et enfin leur musique en 5.1 dans l'intimité d'une salle de cinéma. Jason s'est ainsi rendu sur place pendant le tournage pour s'imprégner à fond de son sujet et continuer à exploiter l'idée de la naissance, la vie, la mort... Ses images d'une pureté ahurissante et ces scènes volées bénéficient d'ambiances comme l'intimiste First Light, l'épique Transformation (du grand Cinematic Orchestra!), le magistral Arrival Of The Birds, la salsa jazzy de The Dance ou Marabou qui ajoute une part de mystère, pour terminer sur la voix grelottante de Lou Rhodes sur Crimson Skies... En définitif, c'est rare que la simple écoute d'une Bande Originale et les frissons associés donnent autant envie d'aller voir le film!

Pour succéder à ce premier exercice plus que réussi, qui osera mettre en musique les singes, félins, fleurs et océans des prochains projets de Disney Nature?

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   30-01-2009 00h38

Kill The DJ presents On prend les mêmes et on recommence! (Kill The DJ Records)

"Le premier qui trouve le nom de la nouvelle compil, trouve le nom de la nouvelle compil", annonce le website. Rien à gagner donc, pour celui qui déchiffre On Prend Les Mêmes Et On Recommence, si ce n'est le droit d'écouter ces 12 titres (dont 4 exclusivités) sortis uniquement en vinyle, peinard dans la voiture ou à la maison. On l'a compris, Kill The DJ c'est une histoire de famille. Un cercle au milieu duquel il est difficile d'entrer si on n'a pas au minimum la même vision du dancefloor qu'Ivan Smagghe ou Chloé. Des gens qui refusent l'idée de passer une soirée où le même tempo retentit de 22h à 7h du mat', des artistes qui se foutent de la hype et de tout ce qui est fluo, des DJ qui revendiquent l'adjectif "bancale" pour qualifier leur musique... Cette compilation, c'est que du bonus pour ceux qui n'ont pas de Technics dans leur chambre, et elle permet de remettre un deuxième petit coup de projo sur des tracks qui le méritent.

La sélection risque d'être pointue et démarre effectivement au quart de tour avec un inédit pop-rock frais et singulier de Battant, dont l'album à sortir en février produit par Ivan Smagghe et Tim Paris devrait logiquement distribuer quelques claques. L'état d'esprit parfaitement instable du label est reflété par la richesse du son de Battant qui met en porte à faux les deux morceaux minimaux suivants. Chloé est revue par Krikor qui fait de Be Kind To Me un track dubby et inquiétant pour des clubbers pleine descente. Ce dernier est remixé façon nu-disco méchant et hypnotique par le revenant George Issakidis, moitié des Micronauts des débuts. Il faut parfois entendre certaines pistes en club et se laisser enrober par le son pour comprendre où ils veulent en venir, que le dancefloor est parfois plus mental que physique. Si l'on se limite à l'écoute domestique, les points culminants du disque sont produits par Remote, seigneur de la minimale des ténèbres qui fait une autre apparition typique dans la compil, revu par La Horse alias Ivan Smagghe et Danton Eeprom dans un exercice psychiquement tubesque bien maîtrisé. Le gourou Andrew Weatherall revoit sa propre découverte Battant, pour une version electro-rock atmosphérique et sexy, avant que l'on ne découvre deux purs inconnus que nous offre le label: l'anglais Gerard et son style ravy, puis l'italien José Manuel qui invente son propre genre musical entre disco, electro et esprit ambient. Surprenant ! On terminera sur deux morceaux de Jason Edwards, dont Sun Melt, un magnifique folk narcotique qui semble improvisé et qui montre de fort belle manière l'ouverture d'esprit panoramique de la maison...

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   02-02-2009 00h05

Girl Talk - Feed The Animals (Illegal Art)

Sorti tout droit des sous-sols de Pittsburgh, Greg Gillis a choisi de troquer sa carrière d'ingénieur biomédical pour devenir ingénieur biomusical. Il dissèque avec son gros scalpel les hits pop d'hier pour les recoller ou les empiler, afin d'arriver au style qu'il appelle "New pop from old pop". Il est vrai que ça procure un certain plaisir de ré-écouter toutes ces chansons entrelacées en étant impatient d'entendre ce qui va surgir dans les 10 secondes suivantes. La particularité de Girl Talk, c'est qu'il n'épluche pas les samples pour en extraire une infime partie qui passe inaperçue. Il ne se gêne pas et veut surtout nous faire avaler toutes ces références, brutes et enchaînées comme un bootleg géant ou un bon set des 2 Many DJ's. On pourrait écrire tout un paragraphe sur les références qui font de lui un producteur connu du grand public, mais on se contentera de noter que l'album précédent Night Ripper figurait dans la liste des meilleurs albums de l'année 2006 pour beaucoup de magazines aussi bien orientés électroniques que rock'n roll, et il n'est pas rare que Greg soit sollicité pour ses services par des gens comme Beck, Of Montreal ou Simian Mobile Disco!

La légende dit qu'il y aurait plus de 300 samples en 50 minutes, soit 10 à la seconde. Ça paraît un peu beaucoup, d'autant plus qu'on a l'impression qu'il s'agit d'une succession cohérente de segments d'une dizaine de secondes. Peu importe, car même si ça relève parfois de la démonstration, le disque parvient à tenir son auditeur en haleine, avec sans arrêt quelque chose de nouveau à découvrir. Pas de style précis pour chaque track, tout se mélange dans un joyeux bordel de disco, hip-hop, rock, electro, pop, RnB. Tout en dansant dans notre salon, on se laisse volontiers aller au jeu du blind-test et on met le doigt sur Blackstreet, Ace of Base, Jackson 5, Yaël Naïm, Hot Chip, Parliament, Stardust, Rage Against The Machine, Sinead O'Connor, Underworld bref on n'a pas toute la nuit. Pour les curieux, il existe un article sur wikipedia qui reprend l'album sample par sample, seconde par seconde!

Du beau boulot!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   02-02-2009 00h13

Sebastien Tellier - Roche EP (Record Makers)

Il est l'heure pour Sébastien Tellier de piocher un troisième single dans son album pour faire l'amour avec des robots. Le barbu le plus populaire des français (après l'Abbé Pierre faut pas déconner) propose Roche, qui fait office de préliminaires sur le disque Sexuality. Toujours produit par la moitié des Daft Punk, cette version edit de Roche est fidèle aux principes sensuels de son auteur, qui rêve de Biarritz en été, du soleil qui brille sur sa peau, des filles qui changent de couleur de peau, de lui et elle main dans la main... Bref un morceau de lover irrésistible qui a du former quelques couples cet été.

Faisons marcher le commerce local, Sébastien choisit son talentueux collègue Kavinsky pour un remix franchement inattendu, beaucoup moins electro tech que d'habitude, loin d'être aussi speed que sa Testarossa Autodrive. Avec ses synthés vintage, Kavinsky vieillit Roche de 20 ans, dans une ballade rétro futuriste encore plus downtempo qui garde le côté amoureux du morceau. Mais le remix le plus surprenant vient du parisien Breakbot et son style "psychobilly". Il tranforme le morceau en un délice de synthés et guitares vintage (comparaison facile avec Discovery des Daft Punk), avec une mélodie baléarique et un pied qui se la joue dancefloor peinard.

Trois tracks courts et intenses, la BO parfaite d'un coït pour éjaculateur précoce.

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   02-02-2009 23h11

The Qemists feat. Wiley - Dem Na Like Me (Ninja Tune)

En juin 2007 sortait Stompbox EP, le maxi le plus concurrentiel face à des artistes comme Fresh ou Pendulum. Cela fait donc un an et demi que l'on attend l'album du duo infernal, et cette fois ci c'est définitif, c'est pour février! Les énormes Drop Audio et Lost Weekend ont suivi la locomotive, et la quatrième lentille du microscope fait un focus sur le titre Dem Na Like Me. Cet apéro annonciateur de l'album montre aussi que les Qems savent produire autre chose que de la drum'n bass teintée de rock'n roll.

Il s'agit cette fois d'un bon track break/rock/dubstep à l'anglaise, avec toujours une guitare bien lourde pour signature en bas de la page (+ une version instrumentale pour ceux qui veulent s'amuser). Ross Orton rend le track plus brut et rentre-dedans en laissant plus d'espace pour le flow de Wiley, l'un des inventeurs du grime! Of course, le duo n'a pas pu s'empêcher de glisser une autre tuerie dnb en la matière de cette version VIP trancey et inévitablement massive. Les funky Elektrons ne s'en sortent pas mal avec leur remix midtempo et le londonien A1 Bassline n'a toujours pas abandonné l'idée de faire bouger les booty dans les clubs avec sa patte dubstep ravy. N'ayons pas peur du chauvinisme car on ne décollera pas des environs de Big Ben pour les deux derniers remixes: King Cannibal produit la version la moins accessible avec son grime vaporeux et antipathique, à l'inverse de Subscape qui travaille dans le même style musical, en multipliant le dynamisme par dix avec cette rythmique qui gifle et cette méchante ligne de basse.

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   02-02-2009 23h20

Circlesquare - Songs About Dancing And Drugs Project (Studio !K7)

Avec Pre-Earhtquake Anthem sorti en 2003, Jeremy Shaw était déjà la tâche de confiture sur le parquet du label Output, avec son style unique influencé par Leonard Cohen, Pole ou Angelo Badalamenti. Ce statut d'alien ne s'estompe pas pour autant à son arrivée sur Studio !K7. Démarré en 1996 et à l'origine de la série DJ Kicks, le label allemand ne parviendra jamais à étancher sa soif d'innovations musicales, à l'image des récents Milosh, Quiet Village ou Cobblestone Jazz. C'est au tour de Circlesquare, à savoir le batteur Dale Butterfield, le guitariste Trevor Larson puis la voix pure et naturelle de Jeremy Shaw, d'intégrer ce véritable musée de talents.

On n'aurait pas parié que Vancouver cachait ce genre de secret, certes pas facile d'accès, mais qui mérite plus de dépuceler quelques oreilles que de tomber aux oubliettes. Hey You Guys est le premier d'une série de 8 titres, et autant vous dire tout de suite qu'il s'agit du plus gai, avec ce rythme cassé qui masque une mélodie discrète et joyeusement mélancolique en arrière-plan. Globalement, tout ça oscille entre ambient, pop expérimentale et post-rock, comme la ligne de basse sombre de Dancers qui rebondit sur des relents country. Un beat electronica lent, des guitares qui s'interrogent, une ambiance vaporeuse répétitive, Timely s'achève sur des délires krautrock, et embraye sur le très cinématique Music For Satellites. La longue intro de 3 minutes 30 de ce track ambient qui met le bourdon aboutit enfin à cette batterie sûre d'elle qui pondère l'ensemble. Ten To One a quelque chose d'acide dans l'air, un refrain accrocheur que l'on peut enfin fredonner, contrairement au rock lent et minimaliste de Bombs Away, Away. Les choeurs robotiques de Stop Taking (So Many) cadencent une mélopée folk, puis All Live But The Ending pourrait s'intégrer dans un set minimal, le genre de truc qui pourrait sortir chez Kill The DJ par son caractère hybride. Puis ça monte, ça part en post-rock (si le mot veut encore dire quelque chose) et ça prend une tournure brillamment esthétique et émotive. Pour atteindre le point final de cet album, on ferme les yeux et on se tait pendant 13 minutes...

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   02-02-2009 23h26

Kiko - Slave Of My Mind (Different)

Comme c'est long six ans d'attente pour voir surgir à nouveau un si bon producteur de cet océan à moitié pollué! Kiko est à moitié pardonné. Outre les évènements (plus ou moins heureux) qui ont eu lieu dans sa vie privée, il nous a laissé de quoi déguster avec son premier album Midnight Magic il y a 6 ans. Cette tuerie new-wave contemporaine et italo-disco renfermait entre autres l'hymne Monique, et s'inscrivait dans un pic d'activité au milieu du projet Phunky Data avec Oxia, ou de sa collaboration electro-pop avec Stéphane Deschezeaux sous l'entité Sinema tout aussi excitante. Kiko a certes un peu levé le pied, diminuant les apparitions en club et les productions, bien qu'il n'ait pas arrêté un seul instant de faire du son.

On reconnaît son empreinte digitale grenobloise imprimée sur le premier track Slave Of My Mind. Des synthés bien chargés, une mélancolie discoïde et un petit quelque chose de Depeche Mode en font une belle entrée en matière. L'album du retour est conçu différemment, plus réfléchi, peut être moins spontané. On remarque dans Plaisir D'Eté, une approche plus minimale de sa musique sans perdre ce timbre organique qui l'a rendu incontournable à la même époque que The Hacker ou David Carretta. Un élan electronica arrive aux narines sur Preludia, et cette ambiance cristalline persiste en arrière-plan pendant qu'une techno qui rappelle les débuts du label Goodlife prend le contrôle. Malgré quelques sons dancefloor réchauffés aux micro-ondes comme So Time, Kiko n'a rien perdu de son talent à émouvoir en appuyant sur les touches d'un synthé, à l'image des tranceys Sunburn et 7 Minutes, le presque EBM World End Rock Up et sans oublier le single imparable Alone In The Dark. Elles sont là mais on n'en parle jamais, les interludes jouent aussi leur rôle: Shanel 78 et Sciences Naturelles ont ce caractère ambient synthétique qui me un peu mal à l'aise, digne d'une BO de film signée Moroder.

Oui, Kiko est encore vivant, et la scène a toujours besoin de soldats comme lui!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   02-02-2009 23h31

Hudson Mohawke - Polyfolk Dance (Warp Records)

Bordel, qu'est ce que c'est frais! Après Gang Gang Dance et Tim Exile, Warp Records se porte plutôt bien dans cette transition 2008/2009 avec de nouveaux artistes tous aussi surprenants dans des styles pourtant antagonistes. Hudson Mohawke est amoureux de musique depuis qu'il a sept ans: mixtapes à base de platines pourries ou composition sur Playstation, ça devient du sérieux quand il remporte le championnat DMC anglais à quatorze ans. Il a aujourd'hui vingt-deux ans et vient planter sa tente sur la parcelle de terrain qui sépare les demeures de Jimmy Edgar et Prefuse 73.

A la limite de l'abstract hip-hop, Poldakot Blues ressemble a du disco funk gentillet type Jackson 5 qu'on aurait désossé comme un docteur Maboul en touchant les bords. Le joyeusement curieux Monde évoque un générique déstructuré de dessin animé à base de Barbapapas qui rouleraient des pelles aux Bisounours! La puissance des battements d'Overnight est confrontée à la légèreté des samples vocaux, dans un esprit instrumental digne des prods de RZA, Masta Ace ou Theory Hazit. Speed Stick hésite entre envoyer la sauce ou laisser discourir ce synthé autoritaire, et Velvet Peel est un délire 8 bits fait d'une rythmique à la André 3000, de bleeps façon DAT Politics, et toujours une maîtrise du cut'n paste vocal qui dépasse l'entendement. Pour terminer, Yonard se veut plus agressif, comme si Aphex Twin balancerait des jurons parce qu'il n'a pas son parapluie alors qu'il commence à pleuvoir des cordes...

Petite particularité, les morceaux dépassent rarement les 3 minutes, mais on a encore faim nous!! Il faudra attendre l'été pour espérer se rassasier...

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   09-02-2009 19h10

Atomik - Dancetroy (Volvox Music)

Comment écrire cette chronique sans utiliser le terme "métissage"? Vérifiez le vous-même, c'est impossible, face à ce mélange de musiques essentiellement black au groove récurrent. A l'origine, Jérôme Sallenave et Karim Hamida ont joué ensemble dans des groupes reggae maintenant éclatés aux côtés des confirmés Tiken Jah Fakoly ou Alpha Blondy. Avec leur groupe No Bluff Sound, ils affichent le titre de découverte du printemps de Bourges 2004, puis décident de partir à l'aventure en créant Atomik. Epaulés par une bonne dizaine de musiciens (percus, sax, claviers, guitare, violon ou scratch avec le triple vice-champion du monde DMC Mister Aul), Karim et Jérôme construisent leur musique à partir d'échantillons joués live. Ce principe d'auto-sampling met au placard le côté "froid" du concept de musique électronique, d'autant plus que la quasi-totalité des morceaux sont chantés, par des intervenants américains tels que Edouard 'SK' Mims, Funk Buddha ou la sensuelle Vanessa Caracci.

I Want You, accroche d'emblée les oreilles avec sa mélodie reggae mélancolique et tribale. C'est le funk à l'ancienne qui prend le relai avec le bien nommé Groove Master, feeling affermi plus loin par le speed New Funk. Le breakbeat digital de Break Baz est peut être un peu trop brut par rapport aux sensations du début de l'album, mais ce sentiment est vite enseveli par la ligne de basse mouvante de Fat Groove ou la poésie roots et jazzy de Skyway! A partir du neuvièùe morceau Don't Forget, Atomik suit le panneau drum'n bass et entre dans la section la plus excitante du disque avec également le post-Fatboy Slim Boomy, Originel pour les junglists qui se lèvent tôt, le ludique Cross qui semble avoir été piqué au Peuple de l'Herbe, ou l'outro électrique Shot.

Atomik consolide tout ça sur scène avec un show mis en lumière et en images par le professionnel Philippe Abeilhou qui réalise également les clips et devient par la même occasion le troisième pied du tabouret. Je valide que le pseudo Atomik n'est pas choisi au hasard!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   09-02-2009 19h14

Yuksek - Away From The Sea (Sound Of Barclay)

C'est un peu l'événement électronique de ce début 2009. Artiste déjà bien enterré dans le béton hexagonal et nommé maintes et maintes fois "espoir de l'année" par la presse, Yuksek passe par une étape logique et inévitable de sa carrière, celui du long format. Pour ce qui est de sortir deux ou trois maxis rouleaux-compresseurs par an, Pierre-Alexandre Busson a donné. Passer le cap de l'album sans tomber dans le piège du best of et en restant cohérent, on est curieux de voir comment ce sorcier dont la baguette magique a été sollicitée par Ghostface Killah, Mika, Kaiser Chiefs, Tahiti 80 pour des remixes (voir la liste impressionnante de ses punitions sur Discogs) peut s'en sortir en une heure de temps. Sa biographie ressemble à beaucoup d'autres : né en 1977, il se rend tous les jours au conservatoire pour bosser le piano, écoute Nirvana, puis lâche ses études à 17 ans pour se consacrer entièrement à la musique, à commencer par son rôle de bassiste du groupe Klanguage, pour ensuite rejoindre toute la clique rémoise émergeante aux côtés de Brodinski, The Shoes ou The Bewitched Hands (auteurs de la cover de Tonight en morceau caché, et dont Yuksek produira l'album). Rien de bien exceptionnel dans sa manière d'arriver sur le devant de la scène, si ce n'est que Pierre-Alexandre semble posséder un don. Celui de faire de n'importe quel beat, mélodie ou morceau, une véritable turbine dancefloor!

Sur ce disque, vous ne trouverez que peu de bombes pour clubs purement Electro Tech comme Composer ou Kontraul. Yuksek l'avait déjà démontré sur ses faces B ou le récent et excitant maxi Tonight, qu'il saurait s'attaquer au format pop avec des tracks chantés et dépassant rarement les quatre minutes, en invitant **** Disco, la rappeuse Amanda Blank de Spank Rock ou Chroméo. Il conserve alors les pistes de danse dans sa ligne de mire mais s'accommode d'autant mieux à l'écoute domestique en faisant papa-maman avec nos oreilles à chaque nouveau titre. Influencé par Gainsbourg, Lou Reed, De La Soul ou Aphex Twin, le rémois aime les musiciens à la personnalité forte, et semble suivre la même ligne de conduite, en affichant des morceaux à la production impeccable tels que la pop sexy A Certain Life dans la veine de Mocky ou Take A Ride très proche du chouchou Calvin Harris. A votre avis, pourquoi Birdy Nam Nam, l'a sollicité pour mettre en relief leurs dernières compos? Rares sont ceux qui auraient pu être à la hauteur, et ce choix est d'autant plus garanti lorsque l'on entend l'électrisant Break Ya, le downtempo spatial de I Could Never Be A Dancer, le breakbeat malin de This Is Not Today ou le massif I Like To Play, une puissance telle que vous penserez que vos enceintes auront monté en gamme!
Sans avoir peur de la partition blanche, Yuksek compose à l'instinct et continue de débiter aussi spontanément des tracks imparables comme le mélange pop/R'n B Extraball, la ballade digitale acidifiée Freak O Rocker pour terminer en transe sur Eat My Bear.

Et un album dans le top ten 2009, UN!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   09-02-2009 19h20

Various Artists - Paradigma Musik: From The Deep (Selected By Marc Mazenit) (Paradigma Musik)

La compilation du mois, la voici! Depuis plusieurs centaines de chroniques, nous alimentons votre culture électronique en allant chercher (pour simplifier) des artistes du côté de Paris, Londres ou Berlin, un triangle à l'extérieur duquel on ne pense pas systématiquement à élargir notre panorama auditif. Le son de Paradigma Musik nous tombe dans les mains comme une pluie bénite, l'occasion de découvrir 18 titres représentatifs et à tendance deep du label, à travers des personnages majoritairement ibériques présents sur les quelques 10 références existantes ou autres nouveaux talents prêts à percer la bulle. Dans tous les cas, il ne s'agit de compositeurs que très peu médiatisés par chez nous, et je ne vous cache pas que c'est difficile à comprendre vu l'esthétisme flagrant de ces pièces electronica ambientes s'envolant parfois vers des cieux deep techno. Marc Marzenit tient le gouvernail, et c'est tous ensemble que les artistes rament pour faire avancer la barque Paradigma, formant ainsi une famille où les goûts et les affinités convergent, condition indispensable selon Marc pour avancer dans le sens du courant.

From The Deep est la première sortie cd du catalogue et peut carrément être entendu comme un album plutôt qu'une compilation. Et ça commence par l'ambiance dramatique dégagée par Sistema qui annonce une heure bien farcie en émotions, réapparaissant par la suite pour deux tracks qui n'ont absolument rien à envier à Boards Of Canada. On reste dans le trip 'berceuse' avec Imtech qui laisse des cliquetis discrets chuchoter avec la complicité d'une charmante mélodie. bRUNA offre une virée fabuleuse (We Are Loosing Touch), le genre de truc intense que l'on écoute machinalement au casque pour avoir notre dose quotidienne de frissons, avant de réitérer plus loin avec une courte improvisation au piano Korg. En plus d'être souvent aux commandes pour le mixage des autres morceaux, Marc Marzenit signe un track pop trancey en la matière de I Don't Wanna Be a Hype, qui assure l'un des passages les plus épiques de la compilation. Le milieu du disque laisse s'exprimer des nouveaux venus comme Adyo, Sendo, ou Àngel Galàn, en partant dans des directions opposées, qu'elles soient ambient cristalline ou minimale déstructurée. Tontina Turner insère son curieux interlude minimal house garnie d'un chant hispanique et la croisière se poursuit dans d'autres nébuleuses mélodiques formées par Momentum, ou le plus tubesque Linial...

Même si Marc gère tout depuis Berlin, faites lui s'il vous plaît un grand Olé pour cette première délicieuse compilation!

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Auteur: Tweek.electrone 
Date:   19-02-2009 00h02

Telefon Tel Aviv - Immolate Yourself (Bpitch Control)

Bpitch Control doit être fier d'accueillir contre toute attente les deux gars de Telefon Tel Aviv, qui figuraient jusqu'à maintenant parmi les meilleurs éléments du label expérimental Hefty. Ce changement de sceau n'est pas forcément lié à une mutation artistique brute. Pour Bpitch, c'est une aubaine de pouvoir élargir son catalogue à des choses plus deep, pas fatalement destinées aux clubs, une grenade soft déjà dégoupillée par quelques morceaux singuliers d'Apparat ou Sascha Funke. Joshua Eustis et Charlie Cooper ont également évolué depuis Fahreneit Fair Enough en 2001 et le fabuleux Map Of What Is Effortless trois ans plus tard ; tous deux sont d'accord pour dire que leur musique reprend les bases de leur savoir-faire mais qu'elle se mire dans une glace déformante qui prendrait à parti les textures originelles pour les rendre plus dark et mélancoliques.

Le duo de Chicago multiplie alors le côté plaintif et émouvant de leur son, à l'image de la puissance libérée par The Birds, qui engage l'album sur un chemin pop et electronica qui aura vite fait de provoquer des allers-retours dans votre moelle épinière. Les chants lointains de Your Mouth viennent affronter une rythmique fort bien travaillée au milieu de ces nappes qui semblent onduler avec le vent. Helen Of Troy est l'un des sommets de l'album, avec sa pop complètement new wave qui ne demande qu'à fermer les paupières pour en apprécier toute l'élégance. Telefon Tel Aviv semble avoir un faible pour les années 80 avec par exemple le très synthétique et discoïde à souhait You Are The Worst Thing In The World. Mostly Translucent préfère monter jusqu'à mi-hauteur pour maintenir la tension aussi efficacement qu'un bon M83 pendant que Stay Away From Being maybe privilégie la puissance d'une rythmique qui tape fort et touche quelques-unes de nos cordes sensibles. Sans vouloir faire cliché, certains morceaux frôlent la musique d'une scène de fin d'un film d'aventures, mais Telefon Tel Aviv a néanmoins conservé leur maestria pour ce qui est d'atteindre de somptueux belvédères de sons...

A l'heure où j'écris ces lignes, j'apprends une bien triste nouvelle et ne l'annonce que maintenant histoire de ne pas plomber l'ambiance en début de chronique : merci de respecter une heure de silence en écoutant cet album, à la mémoire de la moitié du groupe, Charles Wesley Cooper, qui nous a quitté ce 22 janvier...

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