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Entretien avec Archive

Un des temps fort du Festival "Jardin du Michel", l'interview de Danny Griffiths et Pollard Berrier à l'issue de leur show du 2 juin dernier... Entretien improvisé et décontracté au cours duquel les deux membres d'Archive reviennent sur leur dernier album, évoquent leurs projets et leur vision de la musique...

Trip-Hop.net : Nous vous suivons depuis vos débuts et c'est vraiment une chance pour nous de pouvoir vous interviewer.

Danny Griffiths & Pollard Berrier : Tout le plaisir est pour nous.

Trip-Hop.net : Une interrogation parmi les membres de notre équipe sur With Us Until You Are Dead, pourquoi un album de chansons d'amour ?

DG : Pour nous, c'est juste une réaction par rapport à ce qu'on a fait auparavant. Après Controlling Crowds, on a décidé de prendre cette direction, on avait déjà écrit beaucoup de chansons d'amour donc pourquoi ne pas les enregistrer ? On s'est posés et bon, pas mal de choses étaient arrivées dans nos vies...

PB : Beaucoup de ces chansons sont assez personnelles. Nous sommes tous passés par des choses assez similaires en même temps. De plus, nous avions besoin de sortir du cadre, de la prison de Controlling Crowds parce que c'était si confiné et si intense que c'était tout naturel de se tourner vers des chansons d'amour.

DG : Et on aime les chansons d'amours. Après tout, quoi de plus naturel d'écrire sur ce sujet...

Trip-Hop.net : Cela nous a déstabilisés, nous étions habitués à une musique plus protestataire de votre part...

PB : Les problématiques sociales... Mais elles sont encore là, quand tu regardes Damage, Conflicts, il y a aussi des messages sociaux.

DG : Il y a beaucoup à lire dans ces chansons.

PB : C'est ce qu'on aime, laisser la porte ouverte à l'interprétation. On revient toujours à ce qui se passe dans la société, ce qu'il se passe en politique, et on s'en sert comme inspiration.

Trip-Hop.net : Cette album s'est doté d'une nouvelle voix, dans un registre blues, Holly Martin...

PB : Une voix très soul...

DG : Oui, elle est géniale. C'est une bonne trouvaille! On avait discuté pour intégrer une nouvelle voix dans le collectif d'Archive et par l'intermédiaire de personnes que nous connaissions, on a rencontré Holly et sa voix était juste grandiose, elle est vraiment brillante. Elle a seulement 22 ans et elle a beaucoup de confiance en elle...

PB (murmurant) : Ne jamais dire l'âge d'une femme...

DG : Le fait qu'elle a 22 ans ne change rien, elle s'est approprié le style d'Archive facilement et elle aime le fait de pouvoir écrire sur tout ce qu'elle veut : "Je peux dire le mot fuck?". " Bien sûr que tu peux, tu peux chanter sur ce que tu veux". Et elle te réponds "Yeah !".

PB : Elle fait partie de notre équipe et elle est douée.

Trip-Hop.net : J'ai lu qu'elle avait 5 ans lorsque Londinium est sorti...

PB : Ca ne m'étonnerait pas, elle est née en 1990.

DG : Bon sang, personne n'est né en 1990 !

Trip-Hop.net : Dans beaucoup d'interviews, on vous a demandé si le titre With Us Until You Are Dead, est un message vers vos fans, mais je demande si ce n'est pas plutôt un message envers les autres membres, ceux qui sont partis, ceux qui pourraient revenir...

DG : En fait, ce n'était pas censé être un message destiné à quelqu'un en particulier. Pour nous, c'est une partie des paroles de Conflicts, qui est "With us until we are dead". Dans cette piste, il s'agit plus de ces choses, de ces émotions, des hauts et des bas, de la souffrance, du bonheur et des erreurs, toutes ces choses qui ne changeront jamais, qu'importe l'énergie que tu peux mettre pour essayer de t'en extirper. Ca sera toujours avec toi.

PB : Concernant les titres, on a chacun sa propre interprétation, mais pour moi, ce sont plus des mots qui représentent ce qui ne va jamais te quitter tout au long ta vie: ces choses que tu prolonges, dans ton âme ou n'importe quoi d'autre. C'est une interprétation très large, tout un spectre de sentiments. Dès lors que l'on a ce genre de chose, on peut tous y trouver sa propre interprétation ; nous savions alors que c'était le bon titre.

Trip-Hop.net : Vous avez enregistré cet album dans votre cuisine?

DG : Une grande partie, oui ! Toutes les paroles pour Wipe out...

PB : Et Stick me to my heart et quelques unes de Damage...

DG : On a fait la plupart des voix dans ma cuisine et on les a enregistrées ensuite, mais certaines étaient vraiment bien, avec tout ce bruit en fond...

PB : C'était l'atmosphère ! Cela a été un cauchemar pour notre ingénieur Jérôme, mais au bout du compte, ça fait partie de l'ambiance. Quand tu as ces textes, ces sentiments, ce temps, cet endroit, tout y est. Une seule prise et c'était bon.

DG : Mes voisins n'étaient pas franchement ravis mais tant pis...

PB : Et puis ils avaient leurs chiens qui couraient au dessus comme des dingues pendant des heures. Finalement, c'est de bonne guerre.

Trip-Hop.net : Avez vous prévu une autre pièce de votre appartement pour le prochain album?

PB : En fait, on a déjà fini le prochain.

DG : On vient juste de finir un album. Cela va être un projet vraiment intéressant. On est en train d'écrire le suivant.

PB : On travaille sur deux albums en ce moment.

DG : On vient de sortir du studio et cela semble génial. On travaille en studio mais on écrit également dans ma cuisine pour le moment. On s'éloigne aussi un peu du studio pour écrire dans un endroit plus reculé à la campagne...

PB : Et c'est vraiment chouette: les chevaux, le silence...

Trip-Hop.net : Je vous ai déjà vus trois fois en concret, ici à Nancy ; est-ce que vous avez un faible pour cette région ensoleillée ?

PB : Oui, on adore. Je me rappelle encore des rappels incroyables qu'on n'a pas pu jouer à cause du manque de temps durant un festival.

Trip-Hop.net : Ca ne vous tente pas d'acheter une maison ici?

DG : On ne peut pas s'offrir une maison.

PB : Pas pour le moment. Aucun de nous ne possède une maison. Quand on pourra, peut-être que l'on envisagera d'acheter quelque part.

DG : Cela peut prendre quelques années.

PB : Mais on y travaille!

DG : Les gens pensent que l'on a de l'argent et plein de trucs, mais on investit tout notre argent dans le groupe pour le matériel et les enregistrements.

Trip-Hop.net : Vous êtes en tournée depuis plusieurs mois, dans plusieurs festivals durant l'été aussi en France... Comment faites-vous ?

PB : Près de 30 concerts, oui. 26 pour le moment mais cela fera presque 30 à la fin de l'été. C'est juste qu'on aime faire ça. C'est comme tout ce que tu aimes : tu le fais au jour le jour et c'est ok.

DG : C'est un travail difficile aussi ; par exemple, on rentre à Londres demain matin et on repart mercredi. Ca fait une journée chez soi, puis 56 heures de voyages pour jouer 2h50. C'est beaucoup de ça, de longs voyages. C'est étrange de jouer sur des laps de temps courts.

PB : Comme ce soir, le show ne dure qu'une heure et la fin on se dit: "Le temps file vraiment vite."

DG : Mais j'aime bien aussi faire des show courts...

PB : ...dans les festivals car tu peux te promener, discuter avec les gens, voir d'autres groupes. Quelque fois, on prépare nos affaires à 8 ou 9 heures et on ne joue pas avant 23h ou minuit.

Trip-Hop.net : Qui ronfle le plus fort?

PB : Personne dans le groupe, c'est le reste de l'équipe.

DG : Dans le bus de tournée, il y a une section ronfleurs. Tom, le manager et Maria, c'est une chorale de ronflement. Nous, on est dans la partie silencieuse.

PB : J'ai un très joli ronflement nordique, qui se révèle seulement en de rares occasions, habituellement après quelques verres.

Trip-Hop.net : Comment vous sentez-vous lorsque vous jouez Controlling Crowds devant une foule hypnotisée?

PB : Lorsqu'on l'a écrite, je me suis toujours dépeint l'ironie de la scène, l'image de l'ironie de Danger Visit, Sing along, juste le fait que dans cette société nous dansons tous au même rythme, nous dansons tous dans le même système. Et pourtant, le public ne chante jamais avec moi. Mais pour Controlling Crowds, on n'a jamais voulu exercer de contrôle ou quoi que ce soit. C'était une représentation du contrôle inhérent aux gouvernements, aux politiques, au pouvoir en général... donc jouer cela bien fort fait un bien fou.

Trip-Hop.net : Votre fan base a plus que doublé avec vos deux derniers albums. Vous voulez conquérir les Etats-Unis?

DG : Oui, on veut conquérir les US mais ce c'est pas à proprement parler une conquête. On veut juste y aller et jouer notre musique, c'est que l'on aime. Les US ne sont qu'une autre étape. Cela ne va pas être facile.

PB : Pouvoir jouer dans des nouvelles contrées est vraiment excitant.

Trip-Hop.net : Vous avez sorti votre dernier album sur votre propre label. Quid de DangerVisit Records?

DG : Nous avons fini notre contrat avec WEA et nous ne voulions pas signer à nouveau avec une major. Nous avons trouvé une alternative avec une boîte basée à Londres, PIAS qui gère Co-Op... Bon, elle est passée finalement sous le contrôle d'Universal. Vous avez la possibilité d'adhérer sous votre propre label. C'est vraiment bien d'avoir un peu plus de liberté... Et il y a un tas de jeunes enthousiastes qui aiment la musique. Le problème avec les maisons de disques, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui ne savent même pas s'ils vont encore avoir du boulot la semaine suivante. Pour eux, ce n'est pas facile de promouvoir quelque chose. C'est pourquoi on a décidé de signer chez Co-Op. Et ils apprécient tout ce que nous avons fait jusqu'à maintenant.

Trip-Hop.net : Que pensez-vous du concept "name your price" ? Pourriez-vous faire la même expérience que Radiohead avec In Rainbows?

PB : La chose que les gens doivent se rappeler est que Radiohead est déjà un groupe bien établi. Les gens ont fait une véritable buzz autour du "Name your price" mais nous entrons dans une ère jamais vue auparavant, une révolution médiatique au niveau des CD, des films, tout ce qui est numérique en fin de compte. Je ne cherche pas à criminaliser quiconque téléchargeant des choses lorsqu'on peut les obtenir gratuitement. Mais je pense que si vous êtes au même niveau que Radiohead, oui, c'est une bonne chose à faire. Ce que beaucoup de gens ne réalisent pas, et notamment les jeunes, quand j'étais adolescent par exemple, c'est tous les efforts, tout le temps et tout l'argent qui sont nécessaires pour faire un album. Il faut aussi penser à tous ceux impliqués, à l'équipe, au groupe, vous devez penser à la maison de disque qui opère un prélèvement là-dessus aussi. Nous, on veut juste faire de la musique, c'est tout ce que l'on veut. Juste faire la meilleure musique possible, mais...

DG : ... C'est plus facile quand tu disposes de quelques millions en banque...

PB : Tu peux faire cela quand tu en es déjà au stade "OK, on a fait ça et maintenant on est connus dans le monde entier, on est déjà riches". Ce n'est pas nous, on ne possède même pas de voiture, on ne possède pas de maison, on paie toujours un loyer. Mais on aime faire de la musique, on le fait par amour de la musique et pour rien d'autre.

Trip-Hop.net : Le concept de Bandcamp, est-ce que c'est bien pour les nouveaux groupes, pour les jeunes artistes?

PB : Bien sûr, si tu regardes Artic Monkeys et d'autres, ils ont été promus par le public, par des gens qui appréciaient leur musique. Et cela relève du génie. Si tu peux faire cela, si tu peux trouver et créer assez de bruit et d'excitation, si tu peux jouer hors studio, old school, à l'ancienne : tu joues en live et tu génères un buzz, tu distribues des démos et des titres gratuitement... A l'époque, des petits groupes pouvaient se faire de l'argent sur la vente d'albums et s'en sortaient bien. Maintenant, seules les grosses production rapportent, celles qui se vendent par millions, les popstars, les Amy Winehouse, les Adele et consorts. C'est aussi une représentation de ce qui se passe dans la société. La classe moyenne se désagrège, il ne reste plus que les riches et les pauvres. Les pauvres peuvent avoir de bonnes idées mais cela ne sera pas forcément entendu parce qu'ils se retrouvent coincés, jusqu'à  développer un son pop bien propre sur soi et alors tu passes dans la classe supérieure. Je trouve que ce qui se passe actuellement est réellement intéressant. Mais pour de très jeunes groupes, faire de la musique est une passion et c'est le principal.

Trip-Hop.net : Si je vous dis Royal Alber Hall et orchestre symphonique?

DG : On espère bien !

PB : Un jour... On va bientôt annoncer un autre show à Londres dont on est très fier. On ne dira rien à ce propos mais... On y vient.

Trip-Hop.net : Comme Deep Purple?

DG & PB (rires) : Oui, Phil Collins a joué là, les Pink Floyds et Gilmour aussi... Tout le monde a joué là !

Trip-Hop.net : Avez-vous un conseil pour Trip-Hop.net ? Un album qui je pourrais référencer, un artiste que vous aimez, une découverte?

DG : J'écoute beaucoup de hip-hop, c'est vraiment la musique que j'aime. Public Ennemy étant probablement ma préférée. Il y a 7L & Esoteric (video de Mic Mastery, extrait de leur premier LP The Soul Pupose, 2001). Je ne sais pas s'ils existent encore, leur hip-hop de l'époque n'est pas très connu mais c'est vraiment bon. Sinon, j'écoute principalement du vieux hip-hop, pas de nouvelles sorties.

PB : Si tu aimes bien le registre rock, il y a le groupe Hookworms qui vient de sortir un album (ndr : Pearl Mystic disponible sur bandcamp), c'est vraiment cool. C'est entre Jane's Addiction et ce truc progressif, tout en longueur. Il y a pas mal de nouveautés tous les ans. L'année dernière, il y avait School of Seven Bells (ndr : leur album Ghostory est sorti en février 2012), Chairlift (ndr : video interactive de leur single Met Before), tellement d'albums sortis qui sont brillants.

Trip-Hop.net : Beaucoup de premiers albums dans le genre trip-hop, notamment Maxinquaye de Tricky, Londinium en ce qui vous concerne, Blue Lines par Massive Attack, Close The Door par Terranova, Dummy par Portishead, sont maintenant des albums culte. Vous pensez que c'est par nostalgie des auditeurs ou bien parce qu'il incarnaient une révolution musicale?

DG : Nombres d'entre eux sont venus au moment où ils étaient nécessaires. Pour moi, c'est une combinaison de raisons, parce que j'ai grandi avec ça, ces personnes, le son de Massive Attack avant qu'ils ne deviennent Massive Attack, et j'ai grandi en écoutant du hip-hop comme eux, et de la soul comme eux, et ensuite la house est arrivée, on était tous là-dedans, on prenait de la drogue, tout le monde s'amusait bien... C'est le mélange issu de cette ambiance dont on avait besoin. Ensuite, quand ça a commencé à faire du bruit, le moment était très spécial pour beaucoup de personnes. Pour moi, Dummy a été une grosse claque et encore maintenant, chaque son est... incroyable musique...

Trip-Hop.net : Je dois admettre que je suis une fan inconditionnelle de Londinium, mon premier album en tant que conscience musicale.

DG : Je suis très fier de cet album.

Trip-Hop.net : Vous parliez de hip-hop. Est-ce que Rosko va revenir dans le futur?

DG : Il fait partie du collectif. Pour moi, le hip-hop doit fonctionner d'une certaine manière. La raison pour laquelle il n'est pas présent sur With Us Until We Are Dead est que nous savions que nous ferions un album de chanson d'amour, et Rosko a dit "Je ne vais pas faire du hip-hop sur des chansons d'amour". Il a tout à fait compris et il a sorti son propre album qui est vraiment très bien aussi...

PB : Une video de l'album vient de sortir, c'est vraiment cool...

DG : Pour du hip-hop massif, je voulais Rosko de retour sur Controlling Crowds parce que je voulais cet élément. C'est une autre voix pour chanter d'une manière différente, l'énergie qu'il déploie est fantastique. Mais il faut que ce soit sur le bon album, tu ne peux pas le faire venir juste "pour dire que". Mais il n'y aucune raison que ce ne soit pas le cas à l'avenir. Il faut juste trouver le bon moment. C'est pourquoi Archive est un collectif.

Trip-Hop.net : Un dernier mot ?

DG & PB : On est juste contents d'être ici, tout le monde s'amuse... On souhaite le meilleur à chacun...

Propos recueillis par : Lacar.
 

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