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Conférence de Presse EZ3kiel Jardin Du Michel 2015

Rencontre bucolique lors d'une escale lorraine au festival Jardin du Michel avec Joan Guillon et Sylvain Joubert, membres du groupe EZ3kiel qui continue actuellement sa tournée LUX, et ce, jusqu'à l'ultime date à l'Olympia en janvier prochain. L'album, sorti à l'automne dernier, prend toute sa mesure sur scène grâce à un fabuleux jeu de lumière, au service de compositions épiques et planantes, pour nous offrir un set millimétré et un spectacle impressionnant, à ne manquer sous aucun prétexte si l'opportunité se présente à vous.
Le groupe n'en finit plus de nous étonner : au delà de la musique, EZ3kiel propose, avec chaque morceau, chaque visuel, chaque objet, un univers unique à l'imaginaire merveilleux, une véritable empreinte artistique à laquelle il est impossible de ne pas succomber.

Sans oublier également de saluer nos consoeurs et confrères de Avant-Scène TV et Radio Campus Lorraine qui ont largement contribué à cet interview !!

Radio Campus Lorraine  : Vous avez connu pas mal de changements dans votre groupe ; comment avez-vous réussi à poursuivre votre chemin ?

Joan : On a monté le groupe en 92-93. Dans la vie d'un groupe, les changements, ou qu'il y ait des personnes qui prennent d'autres routes, c'est normal. En même temps, c'est toujours un peu difficile, surtout quand je pense à Matthieu avec qui on avait fondé le groupe et qui est parti il y a quatre ou cinq ans... Mais ça permet aussi d'avoir du sang neuf, des nouveaux musiciens, d'amener autre chose dans la vie d'EZ3kiel... Et puis, on a longtemps travaillé avec les mêmes personnes, pendant quinze ans, et là on a une toute nouvelle équipe technique. Je le prends un peu comme un nouveau début, comme si EZ3kiel repartait à zéro. L'arrivée de Sylvain aussi a changé beaucoup de choses, mais en résumé, ce n'est que du positif.

Radio Campus Lorraine : Vous avez sorti l'album LUX en novembre dernier ; quelle est sa particularité ?

Joan : C'est assez compliqué de parler de ce qu'on fait, on est tellement dedans... Pour moi, il y a un mot, "organique", qui revient. On a essayé d'avancer dans le mélange entre les machines et les instruments acoustiques. On l'avait fait avec Extended et Naphtaline Orchestra, mais on essaie toujours les mélanges, ça a toujours été la base du groupe dès le début. On aurait du mal à rester dans un seul style. On s'ennuierait et on se serait arrêtés depuis longtemps.

Trip-Hop.net : Justement, au niveau du style, vous avez pas mal évolué : de la dub des débuts à la mélancolie de Naphtaline, vous êtes aujourd'hui avec ce nouvel album dans la continuité de Battlefield avec un son intense et puissant. Vous pourriez revenir à vos premières amours ?

Joan : Les premières amours, c'était du reggae et du ska, donc je ne sais pas si on pourrait y revenir... Mais on sait ce qu'on ne veut pas faire ! Après, suivant les projets, on pourrait revenir à des choses plus acoustiques... En tout cas, on a plein d'envies, on veut aussi se laisser bercer... On écoute également beaucoup de musique, tout ce qui sort... On est super fan de certains groupes qu'on essaie de copier comme tout le monde. On n'a rien inventé, on fait juste ce qui nous plaît.

Trip-Hop.net : Born et Dead in Vallalas, c'est quoi cette référence à la mythologie nordique sur LUX ?

J : les Vikings !!!
Sylvain : A l'époque où on a écrit ces morceaux, on regardait cette fameuse série sur les Vikings avec Jo...
J : Et on a fait un gros blocage...
S : Et des nuits courtes aussi... Voilà, les titres viennent de là. Et même, le fait d'avoir regardé la série a déteint sur les compos (rires)...

Trip-Hop.net : L'album est clairement construit en vue d'une performance live. Comment l'avez-vous écrit ? Avec Yann, vous avez imaginé la lumière en même temps que la musique ?

S : Ça s'est fait assez en amont : par rapport à la composition des morceaux, Yann nous a très tôt parlé de cette idée de mur de lumière, de ce jeu de lumière, de cette création scénique. A partir de ce moment, cela a quelque part orienté notre travail de composition. On s'est renvoyé la balle pendant toute une année : les avancements de lumière, les avancement de son, tout cela s'est croisé tout au long de la création de l'album afin de pouvoir se concrétiser en résidence l'année dernière.

Trip-Hop.net : Le fait que Yann s'occupe désormais de la lumière, est-ce que cela consacre celle-ci comme un instrument à part entière dans votre formation ?

J : Complètement. Mais depuis le début Yann s'est occupé du graphisme, de la video... On n'a jamais fait de dissociation des deux en fait... Pour nous, c'est la même chose : EZ3kiel n'est pas qu'un groupe de musique. On a aussi des installations qui s'appellent les Mécaniques Poétiques - qui sont d'ailleurs en ce moment à Metz dans une abbaye. On aimerait bosser pour des spectacles, pourquoi pas avec de la danse, on est assez ouverts, on est beaucoup en demande de participation avec d'autres artistes. Alors, souvent, c'est nous qui sommes allés chercher les gens... On ne nous appelle pas souvent... Là, on est sur un projet de spectacle, on en est au tout début, c'est un peu difficile d'en parler pour l'instant. Et puis, à l'intérieur du groupe, on a chacun nos particularités...

Radio Campus Lorraine / Trip-Hop.net : On vous a vu sur le Collision Tour avec Hint ; vous avez collaboré avec Yann Tiersen... Aujourd'hui, vous aimeriez collaborer avec qui musicalement ?

J : Cet artiste qui fait de la musique electro et qu'on adore, Clark (ndr : référencé en nos pages sous le projet Chris Clark)... Et puis Mark Lanegan...
S : Il y a aussi ce groupe, les Fuck Buttons... En fait, ça fonctionne vraiment au coup de coeur, à la découverte... On n'ira pas choisir quelqu'un pour son nom ou sa notoriété. Quand ça nous parle, ça nous remue les tripes, ç'est vraiment quelque chose de pouvoir partager un moment musical... Le panel est très ouvert !

Trip-Hop.net : En parlant collaboration, lors de votre live, vous jouez Versus, titre en feat avec Black Sifichi. Pas de projet avec lui particulièrement ?

J : Non, car quand on a déjà fait une création avec quelqu'un, on essaie d'aller voir ailleurs. Il m'arrive de jouer avec lui et Rodolphe Burger (ndr : le Velvet de Rodolphe Burger). Sur les collaborations, on se rend compte aussi avec le temps que lorsqu'un artiste est signé, qu'il y a une grosse prod' derrière, ça devient compliqué. Du coup, on préfère prendre des artistes qui sont moins connus, quand ça reste plus artisanal. Quand il faut passer par un agent, un mec en plus, ça devient vite plus compliqué, et il y a des histoires d'argent...

Trip-Hop.net : Côté groupes émergents, un de nos coups de coeur 2014 est STAMP (ndr : dont Joan avait dirigé la résidence). Vous avez le projet de jouer avec eux ?

J : C'est marrant, on en avait parlé, mais je n'ai pas trop de nouvelles. C'est un super groupe, ce sont de très bons musiciens et très sympas !

Radio Campus Lorraine : Et vous avez un conseil à destination de jeunes groupes qui débutent ?

J : un conseil ? C'est dur... J'ai l'impression qu'on est un peu privilégiés. Il y a tellement de groupes qui essaient, qui font des super trucs et dont on entend jamais parler. Pour nous, il y a eu un concours de circonstances, au delà de la musique et de l'envie... Il faut persévérer. Et en même temps, je pense que tous les groupes persévèrent... Il y a une histoire de chance et il faut foncer.

Avant-scène TV : Pourriez-vous reconduire un projet comme celui de Naphtaline Orchestra, même si vous avez dit ne pas vouloir vous répéter  ?[b]

J : En même temps, Naphtaline Orchestra, on ne l'a joué que dans trois villes... Là, par contre, on est en demande, mais c'est hyper compliqué : déjà, trouver un directeur de conservatoire qui veuille bien laisser aller les élèves avec des gens comme nous (rires)... Et puis, ça coûte très cher aussi. Mais on a trouvé peut-être la possibilité de le faire à Vannes. Au départ, c'était en lien avec les Mécaniques Poétiques : on essaie de faire ce concert pas trop loin de ces installations. Non, on aimerait beaucoup le refaire, on va essayer l'année prochaine, peut-être à Nancy ou à Metz, en Lorraine ?

Radio Campus Lorraine  : Comment vous êtes-vous adaptés au numérique ?

J : Bien, c'est cool ! On peut tout télécharger gratos ! (rires) On est pour le téléchargement, légal, illégal, je ne sais pas comment il faut dire ! De toute manière, nous, on ne gagne pas d'argent avec le disque : le disque, c'est vraiment un prétexte pour partir en tournée. C'est là où on veut vraiment s'exprimer tous. On prend beaucoup de plaisir à faire des albums, on les produit, on fait tout à la maison, on se démerde pour s'y retrouver financièrement et puis après...

Radio Campus Lorraine : C'est aussi une manière de contourner les labels ?

J : Contourner, je ne sais pas... On est nous-mêmes sur un label, qui nous aide sur la mise en place des disques chez les disquaires. Et on est très contents d'être sur ce label qui s'appelle Ici D'Ailleurs, basé à Nancy, et très fiers également car on aime tous les groupes qui sont chez eux. Stéphane Grégoire, qui s'occupe du label, nous a vachement aidé et permis d'aller un peu plus loin que si on était restés entre nous. Bon, on apprécie aussi que les gens achètent notre disque... Mais ils l'achètent aussi pour l'objet...

Trip-Hop.net : En parlant d'objet, vous avez sorti un vinyle pour le Disquaire Day qui est au départ un mouvement pour soutenir les disquaires indépendants. Que pensez-vous du fait que les majors se réapproprient cette occasion ?

J : Ce n'est pas étonnant ! Ils ont toujours fait ça ! Ils sont mal, là ! En même temps, bien fait pour eux. Ils ont tellement produit de la merde pendant des années et des années et encore maintenant... Ils sont tous en galère de tunes, mais ils l'ont bien cherché.

Trip-Hop.net : Et que le vinyle reparte, ça vous fait ni chaud ni froid, ou ça fait plaisir de voir le grand public y revenir ?

S : Ca nous fait clairement plus chaud que froid ! C'est plutôt une bonne nouvelle ! En ce qui nous concerne, on a toujours été des fétichistes du disque, on aime bien l'objet, c'est un tout, avec un visuel... Un album de douze plages, c'est un ensemble cohérent ! On parlait du numérique : aujourd'hui, tu télécharges un morceau, le single d'un artiste et pas grand chose du reste de l'album. Moi, je trouve que c'est plutôt bon signe, dans le sens où on peut redécouvrir des albums et les réécouter dans leur intégralité... Et avoir une autre oreille : c'est une autre approche, un autre mix, une autre approche du son. On sort de la compression à gogo.. J'espère que ça va durer.

Trip-Hop.net : Le fait d'avoir un objet collector aussi : votre vinyle est translucide ?

S : Oui, on voit à travers (sourire)...

Trip-Hop.net : Vos lives ont souvent fait l'objet d'un DVD ; LUX Tour aura-t-il droit également à son DVD ?

J : On aimerait beaucoup !
S : Comme Naphtaline Orchestra, ça fait partie des projets.

Avant-scène TV : Et pour le live de ce soir, vous nous promettez quoi ?

J : Oh nous, on ne promet rien ! (rires)
S : On est dans les premiers festivals, là, donc un set d'une heure, un peu la découverte par rapport à un live plus long normalement... On est obligé de raboter un peu partout : Sachant que c'est avant tout instrumental, cela n'est pas évident de faire monter l'ambiance, de la faire redescendre... Donc on va aller droit au but ! Ça va bien se passer !

Radio Campus Lorraine : On est dans le Jardin du Michel, vous avez un mot à lui dire ?

J : Moi, j'ai hâte de goûter sa mirabelle ! Depuis le temps qu'on en parle ! J'espère bien en boire après le concert ! On connait des groupes qui sont déjà venus ici, et qui nous ont vraiment parlé en bien du festival. On est arrivés hier soir et on a fait tous les concerts... J'aime beaucoup l'ambiance du lieu, se retrouver au milieu des champs...

Trip-Hop.net : Quels sont les artistes ou albums dont vous me recommanderiez d'écrire la chronique ?

J : Clark (ndr : déjà fait par ici !), clairement, un gros blocage sur Clark depuis plusieurs années ! (rires)





S : Jeanne Added, c'est super bien ce qu'elle fait, l'album vient juste de sortir.





J : We Are Bodies, c'est un des groupes que j'écoute aussi pas mal en ce moment... composé de Robin Foster, un guitariste qui a fait pas mal de choses, qui habite en Bretagne maintenant, et du chanteur d'Archive (ndr : Dave Pen) : ils vont bientôt partir en tournée, quand Archive aura fini la sienne.


Trip-Hop.net : Dans votre interview par Trip-Hop.net de 2002, à la question "Quelles ont été les influences pour composer Handle With Care ?", vous avez répondu : "Iron Maiden, Patricia Kass, Bernard Minet et son célèbre orchestre, Obituary, Penetrator, Patrick Fiory, Slash, Sim et pleins d'autres!!!!". Vous confirmez ou vous vous repentez ?

J : Je ne me rappelle pas à quelle heure a eu lieu l'interview ! (rires)

Trip-Hop.net : Alors d'autres influences à mentionner peut-être ?

J : Clark, tiens ! (rires) En fait, on en a plein d'influences ! On a remarqué qu'on s'était retrouvés tous les trois avec Stéph et Sylvain sur des musiques assez planantes, avec un côté psychédélique, et puis des groupes des années 70 comme Led Zep, Pink Floyd...

Trip-Hop.net : Eh bien, en combinant votre tournée LUX avec un orchestre philharmonique, j'ai pensé à Deep Purple au Royal Albert Hall... Ca pourrait être une idée ?

S : C'est une très bonne idée !
J : Carrément !

Propos recueillis par : Lacar.
 

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