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JC Le Saoult, instigateur du projet Wax Tailor, nous raconte son parcours.

C'est en avril, lors des Nuits Zébrées (festival organisé par Radio Nova et La Scène Bastille) que nous avons rencontré JC Le Saoult, instigateur du projet Wax Tailor, l'un des coups de coeur de la rédaction de Trip-Hop.net cette année... En charmante compagnie (Charlotte Savary, chanteuse du groupe Clover et du projet Wax Tailor, qui nous a éblouis ce soir-là par ses jolies performances vocales, et Marina Quaisse, violoncelliste que l'on retrouve également sur certains tracks de W.T.), il nous raconte son parcours avec une gentillesse et une disponibilité qui nous ont immédiatement séduit... Le concert a été un bon moment qui a permis de constater en live les envols de hip-hop majestueux de l'album. J.C.L.S., derrière sa platine et ses samplers, souriant et apparemment enchanté d'être là déploie avec ses deux acolytes féminines un live chaleureux et rythmé, qui semble-t-il, a mis tout le monde d'accord : Wax Tailor, un projet qui a du style !

Trip-Hop.net : Bonjour JCLS. On sait peu de choses sur toi, peux-tu commencer par nous raconter tes débuts... Présente-toi !

Alors moi c'est JC Le Saoult, presque 30 ! Mon parcours : j'ai commencé au sein du groupe La Formule au début des années 90. Pendant une bonne dizaine d'années, on a fait pas mal de choses : des titres pour des compilations, on a surtout beaucoup tourné. La Formule était un groupe de scène. Mais comme ce n'était pas très intéressant pour nous avec une maison de disques (question de liberté, de moyens, etc...), on a monté notre propre label en 1998 : Lab'Oratoire. A partir de là, production du premier Maxi de La Formule en 98, un 2ème maxi derrière et parallèlement pas mal de break beat, des instrumentaux, des formats plus vinyle pour les DJ's. J'ai travaillé aussi avec le projet " Breathing Under Water ", dont le but était de réunir des acteurs de la scène hip-hop internationale, des gens indépendants qui avaient la même démarche que nous en essayant de faire des rencontres, qui concrètement ont débouché sur une tournée avec La Formule. Et puis le projet Wax Tailor, qui a démarrer de façon formelle en 2000, même si on a enregistré pour la première fois en 2002, c'était pour le EP : " Lost the Way " . J'avais commencé des travaux plus personnels à l'époque de La Formule et puis ça a évolué jusqu'à la forme actuelle de Wax Tailor.

Trip-Hop.net : C'est donc le projet personnel de JCLS...

Oui. C'est un projet personnel avec des ouvertures... Par exemple avec Marina Quaisse, qui est venue une fois en studio faire une séance comme ça, et on trouvait ça intéressant... C'est mon projet, mais je ne peux pas faire abstraction de ce qu'elle a pu apporter en termes d'approche des arrangements. J'ai puisé beaucoup d'idées... En ce qui concerne Charlotte... elle va peut-être vous expliquer tout ça...
Charlotte Savary : En fait on s'est rencontré grâce à Laurent Collat, qui a réalisé l'album de Clover sur lequel je chante. On a travaillé sur un premier morceau " Lost the Way " qui est donc sortis en EP, et puis on a remis ça sur le nouvel album...

Trip-Hop.net : Vous avez déjà travaillé sur d'autres projet toutes les deux, peut-être faites-vous déjà partie de groupes...

Charlotte Savary : Oui, moi avec Clover. Un album sur le label Undercover, déjà dans les bacs, plutôt pop-électro.
Marina Quaisse : Moi j'ai fait partie d'un groupe de trip-hop à partir de 99 : Acktarus,, un premier projet en groupe, mais on s'est séparés en 2002... Avant je ne faisais que de l'orchestre symphonique et de chambre, formation classique plutôt.

Trip-Hop.net : JC, on voit ton disque partout, tu as de bonnes chroniques dans la presse. Comment gères-tu cette nouvelle notoriété ?

Ecoute, j'ai pété les plombs, je suis devenu insupportable, je suis imbuvable, je fais des frasques un peu partout, j'essaye d'adopter la rock n'roll attitude pour essayer de vendre encore plus!!! (rire général) ...Artistiquement, c'est quand même gratifiant. Mais il y a une autre satisfaction : par rapport à la démarche du projet. Si j'avais signé ce disque sur une Major qui avait tout fait, je n'aurais pas eu la même appréhension des choses. Mais d'avoir réfléchi depuis longtemps à ce projet, j'ai l'impression d'avoir récolté les efforts fournis pour rester maître à bord et indépendant. Ce disque ressemble à 100% à ce que j'avais en tête. Il n'y a pas eu de DA pour dire " pas ce titre-là, celui-là, pas cette pochette, etc... " . Et ce disque a trouvé un public tel qu'il a été imaginé, sans être retouché au préalable. Mais c'est vrai aussi qu'entendre son titre à la radio en se réveillant le matin, ça fait toujours plaisir !

Trip-Hop.net : La question bateau : quelles sont tes influences ?

Il y a toujours eu dans mon travail une connotation cinématographique. Je dirais qu'il y a beaucoup de connivence entre ces deux médiums. J'ai toujours eu tendance à utiliser des phrases parlées dans ma musique, que ce soit des extraits de films ou de discours repris dans des vieux vinyles, mais aussi sur DVD, sur des sites (je vais pas mal sur un site universitaire américain où il y a pas mal de vieux films de propagande, des pubs, etc..., dans lesquels je pioche). En fait, je suis assez monomaniaque, j'ai toujours un bloc note et je suis collectionneur d'échantillons sonores. Sinon, Public Enemy " Fear Of Black Planet " sorti en 90, est un album qui m'a profondément marqué dans sa construction : ce côté continu et enchaîné qu'on retrouve dans mon disque. Il y a des gens pas forcément connus de l'âge d'or du Hip-Hop comme First Base par exemple. Après je me suis mis a sampler pas mal de funk ou de jazz... Nina Simone par exemple. C'est vrai que ça a déjà été pas mal fait, mais je voulais absolument sa voix sur le morceau " I feel ", elle me fascine tellement... Ce sont les textures qui m'intéressent. Une mélodie ne m'intéresse pas si elle n'a pas une texture particulière au niveau des sons. C'est d'ailleurs la différence qu'il y a entre les années 80 où il y a une richesse mélodique, mais avec des sons qui n'ont pas forcément bien vieilli ; et les années 70, où dans la Soul par exemple, il y a des choses qui ne sont pas très riches mélodiquement parlant, mais qui dégagent d'entrée de jeu quelque chose qui t'attrape, un son qui résonne. Ma démarche c'est un peu de trouver des liens entre tout ça. C'est vrai que j'ai une culture hip-hop/black music, mais j'ai aussi grandi jusqu'à 12/13 ans avec le rock... Je ne voulais pas faire un disque racoleur ou tout est mélangé n'importe comment. D'abord le travail sur les mélodies et ensuite les textures qui apportent la chaleur aux morceaux.

Trip-Hop.net : Ce soir tu partages " La Scène Bastille " avec DJ Cam, qui est quand même une référence, c'est vraiment pas mal...

Effectivement, il y a un joli plateau ce soir, ça fait partie d'un programme global avec Radio Nova et le festival " Les Nuits Zébrées ". Ce soir, il y a aussi les Girls In Hawaï, mais par exemple à Rennes on a joué au coté de Roots Manuva. Et même si on ne fait pas tous le même style de musique, il y a quand même un esprit 'de famille' un peu indépendant. Le fait que les programmateurs nous associent à ce genre d'artiste, c'est une vraie forme de reconnaissance.

Trip-Hop.net : Comment as-tu travaillé sur l'aspect visuel du disque, car ta pochette est magnifique...

j'ai travaillé avec Thomas Beaucé avec qui j'avais déjà réalisé le visuel du précédent EP. On a voulu synthétiser l'esprit du disque. On a fait notre choix parmi une vingtaine de propositions et comme le titre de l'album était déjà décidé depuis longtemps (j'ai toujours voulu que le premier album du projet Wax Tailor s'appelle "Tales Of The Forgotten Melodies"...). On a craqué sur le lieu où la photo a été faite : il y a une certaine distance, un espace qui crée une poésie. Le fait qu'en plus ce soit une friche industrielle évoque le délabrement, le travail du temps, toute une histoire derrière ce lieu qui évoquent bien ces 'histoires de mélodies oubliées'...

Trip-Hop.net : On t'a vu dans le magazine Modzik, poser en chemise D & G !

(rires de Charlotte et Marina) oui bon... ça fait partie de l'aspect promotionnel quoi !
Trip-Hop.net : Ca te gonfle de faire la promo et les interviews ?
JC Le Saoult : Pas l'interview présente je te rassure ! Mais en l'occurrence pour Modzik, pour la photo ça a été un peu un calvaire. Je ne savais pas comment poser, quoi faire de mon chapeau, je me sentais vraiment pas à l'aise... J'ai fait rire tout le monde... Sur les 80 photos qu'on a fait, je devais sourire sur deux clichés seulement ! Je n'était pas du tout à ma place là-dedans : le coté star m'emmerde.

Trip-Hop.net : Tu as mixé une après-midi au Printemps de l'Homme, comment as-tu vécu cette performance ?

Je me sens plus à l'aise dans un exercice de ce type plutôt que dans un DJ mix clubbing où on me demande de faire danser les gens. Le Printemps m'a donné carte blanche pour faire découvrir mes influences et ce que j'aime écouter et faire entendre... Le but était de créer une ambiance pour une après-midi. Maintenant, les personnes qui font leur shopping ne restent pas forcément attentives, mais il y en a toujours qui viennent te féliciter, te dire qu'ils apprécient... Donc plutôt sympathique comme expérience.

Trip-Hop.net : Quelle est ta position par rapport au téléchargement de musique sur internet ?

Ce sont tous des petits salauds qu'il faut mettre en prison !!! Je crois que c'est clair, non ? (rires)... En fait, l'essentiel c'est d'abord de toucher un public avec ta musique... Même si c'est vrai que quand ton label t'annonce que tu as vendu tant d'exemplaires, tu te dis " chouette, y a de l'argent qui va rentrer pour faire un deuxième album ! ". Honnêtement, je télécharge aussi tu sais. Mais quand la musique est vraiment très bien j'achète le disque. C'est un faux procès dans le sens où les gens qui téléchargent prennent du temps pour découvrir la musique. Et même s'ils ne réfléchissent pas à tout ce qu'il y a derrière, je ne suis pas persuadé que ça change quoique ce soit. J'ai aussi l'impression que les choses intéressantes en musique émanent souvent des circuits indépendants. Alors quand Universal nous explique qu'on tue la création et que Céline Dion risque de vendre moins de disque : je ris doucement... Je ne suis pas certain que ce soit un mal ! (rire complice généralisé). Le net est une vitrine pour beaucoup d'indépendants et leur permet de faire connaître leur musique. Globalement, j'ai l'impression que cette répression fait partie politiquement parlant d'un retour à une sorte d'état " Reaganien ", associé à une politique libérale de gens qui veulent moins d'Etat et plus de liberté, mais qui sont bien contents de trouver l'Etat en question pour leur faire une loi afin de mettre les gens en prison ! Je ne me sens pas non plus concerné pas ces gesticulations d'artistes qui viennent blêmir car les majors n'arrivent plus à vendre leur soupe. Je ne me fais pas de soucis : on a eu le même problème avec l'arrivée de la cassette, puis du CD...

Trip-Hop.net : Tu disais tout à l'heure que ta musique a toujours eu un côté cinématographique. Alors, la musique de film, les BO ? As-tu déjà eu des contacts et des projets dans ce domaine ?

Oui... Tarantino m'appelle pas mal en ce moment, mais je n'ai vraiment pas le temps !!! (rires) J'ai déjà travaillé sur une musique de film, mais il s'agissait d'une bande semi-originale, donc c'était artistiquement moins intéressant qu'une création originale. J'ai fait aussi des musiques pour des cours métrages, mais ce n'était pas forcément synchro à l'image, alors je reste assez 'frustré' (c'est pas vraiment le mot)... C'est donc un domaine que j'aimerais maintenant approfondir et travailler d'une manière vraiment professionnelle. Je suis en contact avec un réalisateur qui souhaiterait que je compose la BO de son prochain film. Mais honnêtement je ne sais pas encore, je dois avoir la sensation que ce projet colle à mon univers et de pouvoir offrir quelque chose au projet. Maintenant une BO peut aussi bien ressembler à celle de " Taxi " et ça n'importe qui pourrait presque le faire ! Mais elle peut ressembler aussi à des BO mythiques... et quand tu les écoutes, tu te caches sous la table en pensant ne jamais pouvoir être à la hauteur ! Une BO c'est un énorme projet qui demande du temps, ça ne se fera probablement que l'année prochaine.

Trip-Hop.net : Alors que va-t-il se passer pour Wax Tailor dans un avenir proche ?

L'objectif tout de suite, c'est de tourner un maximum pour défendre le projet et le disque et aussi de le faire évoluer sur scène. La dimension live doit prendre une part importante cette année. Ce qui est plutôt positif, c'est que beaucoup de programmateurs nous ont bookés sans que nous les ayons sollicités... On voudrait également tourner à l'étranger, le disque commence à être un peu diffusé en Europe et des morceaux comme " Que sera " tournent sur des radios, alors on va suivre le mouvement...

Trip-Hop.net : Dernière question : qu'est ce que vous nous conseillez d'écouter en ce moment ?

Charlotte Savary : Moi, j'ai pas mal bloqué sur deux chanteuses françaises dernièrement : Camille et Pauline Croze. Elles sont pas encore très connues, mais elles m'ont beaucoup touché. Et puis un groupe belge : Mudflow qui est dans la lignée d'un rock un peu barré. Très bon.
JC Le Saoult : Qu'est ce que j'écoute actuellement ? Sharon Jones, que j'ai vu en live et qui m'a mis une grosse claque. J'écoute beaucoup de musiques de films comme " 2046 " et celle des films de Wong Kar Wai, un réalisateur dont j'adore le style. Beaucoup de choses en fait, j'écoute aussi du John Coltrane en ce moment. J'ai acheté l'album de Smooth aussi.
Trip-Hop.net : Tu sais que c'est un partenariat avec Trip-Hop.net également ?
JC Le Saoult : Ah, très bien ! Je n'ai pas encore bien écouté, mais je vais m'y pencher.
Marina Quaisse : Moi aussi j'ai adoré l'album de Camille. Je viens d'acheter celui de Président Chirac que je n'ai pas encore eu le temps de bien écouter, et puis la compile " Wall Of Sound " sortie il y a 2 ans.
Trip-Hop.net : Et bien merci à tous les trois de nous avoir fait partager un peu de votre histoire. Nous vous souhaitons un bon concert et une bonne route.

Propos recueillis par : Guillaume & Charles.
 

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